Après les oliviers, les orangers
On est bien contents lorsque l’on arrive à s’extirper de l’immense complexe industriel tarentais d’Ilva et que l’on retrouve enfin une campagne un peu plus saine… On traverse nos premiers vergers d’orangers… Le soleil est au rendez-vous et c’est vraiment joli tous ces arbres avec leurs beaux fruits oranges qui donnent envie de les manger. C’est la saison de la récolte et ça bosse dure dans les champs. On se fait régulièrement doubler par des petits camions chargés de caisses d’oranges.
Potabile ton eau ???
En Italie, et encore plus dans le sud du pays c’est toujours un peu compliqué de savoir si l’eau est potable ou pas. Lorsque l’on fait des recherches sur internet on peut lire que l’eau du robinet est potable, mais les Italiens nous disent souvent que non il ne faut surtout pas la boire. Il faut savoir qu’ils adorent l’eau minérale et que beaucoup d’entre eux sont persuadés qu’elle est de meilleure qualité. Par contre lorsque l’on demande si l’eau des fontaines publiques est potable, on nous dit toujours oui, qu’elle est très bonne. On a du mal à comprendre.
D’ailleurs on voit souvent des gens qui se garent près des fontaines pour y remplir tout un tas de bouteilles, surtout à la montagne.
Du coup c’est un peu pénible car quand on veut remplir notre poche à eau avant de chercher un coin pour planter notre tente, il faut souvent faire des détours pour trouver une fontaine publique. On a arrêté de demander aux gens car sinon ils nous donnent des bouteilles d’eau minérale en plus de l’eau du robinet pour que l’on puisse la boire. Heureusement l’application de cartographie que l’on utilise indique les fontaines !
On retrouve un peu de relief
Rapidement on retrouve un peu de relief. On traverse des grandes plaines agricoles, entourées de petites montagnes. Les villages (qui sont en fait plutôt des petites villes) sont souvent perchés, avec un vieux centre aux petites ruelles pavées et étroites. On apprécie les traverser.
Comme à son habitude Lolo nous trouve de quoi rouler tranquillement sur des petites routes avec peu de circulation, des chemins agricoles parfois bien défoncés mais déserts, et la spécialité locale : les routes coupées. Comme les campagnes de Basilicate se vident, et que certaines routes servent peu lorsqu’une portion de route peu passante devient impraticable ou qu’un pont est en partie effondré plutôt que de le réparer, la route est fermée au niveau du problème. Pour nous c’est nickel, comme la route mène nulle part il n’y a pas de circulation et à vélo on arrive toujours à trouver un passage. Pour les locaux cela oblige à des détours considérables….
Des journées trop courtes
Depuis que la nuit tombe tôt nos journées sont beaucoup moins souples, un peu chronométrées car même en se levant vers 6h du matin, on ne se met en route qu’à 8h, et à 16h il est déjà temps de chercher un coin pour dormir, avec très peu de temps pour le trouver. On a l’impression d’être plus contraints et de subir à nouveau la pression de l’horloge. On regrette les journées sans fin islandaises….
Le fléau des déchets
Depuis que l’on est arrivés dans le sud de l’Italie on est consternés par l’omniprésence des déchets dans les villes, mais surtout dans la nature. En Basilicate c’est horrible. En plus des déchets balancés par les fenêtres des autos il y a des dépôts sauvages d’ordures partout. Pendant 3 jours on roule dans une poubelle géante : matelas, sacs poubelles, couches, meubles, électroménager, télés, jouets, fringues…. Des détritus mais aussi des choses qui pourraient largement être déposés en recyclerie… Ça nous énerve, ça nous écœure, ça nous consterne, nous plombe le moral…
Après avoir fait quelques recherches on se rend compte qu’il n’y a pas assez de centres d’incinération des déchets (et visiblement en Sicile c’est encore pire), et clairement on constate des grosses différences selon les communes traversées. Ici les communes sont beaucoup plus étendues qu’en France, et à ce que l’on a pu observer sur le bord des routes certaines doivent offrir un meilleur service de collecte des ordures. Mais globalement c’est vraiment très sale et on a du mal a comprendre comment les Italiens peuvent supporter cela.
On dirait le Pérou !
Plus on roule en Italie du Sud plus je me dis que cette région me fait penser au Pérou, mais pas pour ses meilleurs côtés…
Même abondance de déchets abandonnés partout, même impression de petites villes un peu schizophréniques avec des magnifiques vieux centres entourés d’une ville moderne aux immeubles souvent mal entretenus, délabrés où à moitié construits mais jamais terminés et des chiens comme je les déteste… Ici les gens n’ont pas un chien mais des chiens, souvent gros, qui vivent en totale liberté et nous courent après en hurlant méchamment. Aucun n’a jamais essayé de nous croquer mais en Basilicate ils sont quand même assez agressifs.
La nuit aussi on subit la tyrannie des chiens. Il y en a partout et ils passent leur nuit à aboyer et à se répondre. Rare seront les nuits passées dans le sud de l’Italie où l’on aura pas été « bercés » par les aboiements.
On se fait rattrapper par la pluie dans les montagnes
Ça grimpe de plus en plus et nous arrivons dans les montagnes. C’est super joli mais la grisaille et la pluie nous rattrapent et ça gâche un peu le spectacle… Ici aussi les arbres ont leurs chaudes couleurs autonmales, mais le manque de soleil rend les paysages moins lumineux que lors de notre traversée des Apennins dans le nord du pays.
Parfois on est au dessus des nuages, et on peut admirer le haut des montagnes dans une mer de nuages, mais on est surtout dans les nuages…et sous la pluie. Peu de gros déluges mais beaucoup de fine pluie qui mouille quand-même. Et avec l’altitude il fait plutôt frais… L’hiver approche à grands pas !
Nous traversons le parc national du Pollino, et l’ambiance est particulière. On s’imagine bien que l’été les Italiens apprécient l’ombre et l’air plus frais pour venir pique-niquer dans les forêts, mais dans le froid humide de novembre les nombreuses tables de pique-nique ne donnent pas très envie.
Le charme des alimentari
Durant notre passage en Basilicate nous ne traversons pas beaucoup de « vraies » villes, mais surtout des gros villages. C’est toujours un peu la surprise de savoir si on va y trouver un commerce. Heureusement la région regorge d’alimentari. Ce sont des micros boutiques, souvent tenues par des personnes assez âgées qui proposent quelques produits de base et qui ont un petit rayon fromage, charcuterie à la découpe. Ça nous dépanne bien pour le pique-nique et parfois c’est l’occasion de sympathiques rencontres comme avec la propriétaire de cette boutique et sa copine !
Ce qui est très étonnant c’est que les prix n’y sont pas beaucoup plus élevés que dans les supermarchés classiques. Je ne sais pas comment ils y arrivent.
Mais attention dans le sud de l’Italie tout ferme entre 13h et 16h30! Au mois de novembre c’est pas flagrant mais en plein été tout le monde se cache de l’impitoyable soleil!
Je suis aussi impressionnée par le nombre de boucheries, il y en a dans chaque village.