du 09/11/2025 au 15/11/2025

Découverte des Pouilles côté mer

Le 11 décembre 2025 par Coco

Petit stop pluvieux dans la jolie ville de Lecce avant de partir découvrir la côte méditerranéenne sous le soleil.

Lecce, la Florence du sud

Après une matinée à rouler sous des nuages noirs et menaçants, le déluge nous tombe dessus juste en arrivant à Lecce. Heureusement Danilo, le propriétaire de la chambre que nous avons réservée, nous permet de nous y installer dès midi et demi. On est super bien situés, au cœur de la vieille ville, dans une jolie ruelle, et il y a une petite cuisine partagée. Notre séjour de deux nuits à Lecce sera pluvieux, mais entre les averses nous arrivons à nous balader et à nous perdre dans son labyrinthe de ruelles. Cette ville est réputée pour ses nombreux bâtiments de style baroque. On découvre donc la Piazza del Duomo, avec sa cathédrale, son campanile et le Palazzo del seminario et la piazza Sant’ Oronzo, plus moderne mais où l’on peut admirer les vestiges d’un amphithéâtre romain. Seule une partie de l’amphithéâtre est visible, le reste de l’édifice est recouvert par des bâtiments.

On apprécie de pouvoir découvrir la ville de nuit, on avait regretté de ne pas pouvoir le faire dans les autres « villes blanches » que l’on avait traversées. Les rues sont désertes et l’éclairage des lanternes donne une ambiance différente de celle de la journée.

Lolo profite de la pluie pour changer mes plaquettes de freins à disque qui sont vraiment très très usées… Pas aussi simple que pour les freins V break qu’il connaît par cœur… Il y passera du temps avant de trouver le bon réglage, mais finit par y arriver.

Le dernier soir il fait beau, on peut enfin profiter du toit terrasse du logement. Petit apéro dans la pénombre avec vue sur les toits… C’est vraiment très agréable de séjourner dans le vieux centre piéton. Pas de bruit de moteur, même si c’est quand même assez sonore. Les logements sont imbriquées les uns dans les autres et on vit avec ses voisins !

 


Beurromètre au beau fixe pour découvrir la côte !

C’est quoi un beurromètre? C’est notre moyen à nous de savoir si les conditions climatiques sont idéales pour Lolo. Il faut savoir que ce garçon n’aime pas bivouaquer avec des températures proches de zéro, pédale grognon sous la pluie, et supporte encore moins quand il fait trop chaud… C’est vrai que le gros inconvénient des vélos couchés, c’est que dès que l’on transpire un peu trop, on a le dos trempé. Le temps idéal pour Lolo c’est du soleil, mais sans grosse chaleur. Et quand il fait beau, mais que l’on arrive à conserver le beurre bien ferme dans le fond nos sacoches, le beurromètre est parfait pour Lolo.

C’est tout à fait le temps que nous avons pour découvrir la côte adriatique. Ciel bleu sans nuage, soleil et comme nous sommes hors saison et en pleine semaine il n’y a personne sur les routes. Un timing idéal.

Nous rejoignons la mer juste après Otrante et c’est magnifique. La côte est sauvage, préservée avec de belles falaises. Sur le bord des routes il y a des cactus partout.

 


Les villages arabes

Lors d’une pause pique-nique après avoir quitté Lecce on avait rencontré deux jeunes Italiens parlant très bien anglais, avec qui on était resté discuter un moment. Ils nous avaient parlé des villages arabes sur la côte et on se demandait qu’est ce que c’était. Lorsqu’on s’approche de Santa Cesarea Therme on comprend ce qu’ils voulaient dire. Le style des maisons est très différent et on se croirait au Maghreb. Un vrai dépaysement.

Une fois passée la Punta Meliso et son phare, à Santa Maria di Leuca, nous avons atteint le bout du bout du talon de la botte italienne. Fini les falaises, la côte devient plus sableuse et nous longeons maintenant la mer ionienne.

La mer étant plus accessible, la côte devient moins sauvage et on galère pour trouver un coin où poser notre tente. On finira pas se trouver un petit coin d’herbe derrière une haie de bambous à 30 mètres de la mer méditerranée. La vue est magnifique même si l’emplacement était loin d’être idéal car vraiment proche de la route. Le lendemain on traverse une grande forêt de pins juste au moment de chercher un coin pour camper. On brave les panneaux avertissant qu’il y a des chenilles processionnaires et on plante la tente sous les arbres pour qu’elle ne soit pas pleine de rosée le lendemain matin. L’ennemi était ailleurs … Un chat affamé qui est venu nous voler notre morceau de fromage !


Une côte variée

Les kilomètres s’enchaînent, plutôt plats et faciles, mais ne se ressemblent pas. On traverse des villages croisettes. L’été est loin et la plupart d’entre eux sont entrés en hibernation. Presque tous les commerces sont fermés et la plupart des maisons aussi. Quelques autres restent plus animés.

On traverse une zone de plages privées et de villages vacances où l’on ne voit même plus la mer. Cela nous décide à retourner pédaler parmi les oliviers plus dans les terres, ce qui nous fait manquer la célèbre ville de Gallipoli. Pas de regret, sans s’y arrêter une nuit  pour pouvoir la découvrir sans nos vélos, la visite du vieux centre n’aurait pas été très agréable.

Puis comme on ne sait pas ce que l’on veut on retourne sur la côte ! Une fois passé le niveau de Gallipoli que l’on voit de loin la côte redevient plus agréable. Les zones de résidence secondaires ne se ressemblent pas. On passe des zones chics avec de grandes maisons et d’immenses terrains, et d’autres bien plus populaires. Petites maisonnettes, routes en terre…

On fait un arrêt à Porto Cesareo, s’attendant à y trouver un joli centre ancien. Loupé, pas de vieille ville, mais on se trouve un petit café sur le port avec terrasse ensoleillée pour boire un espresso à l’italienne. Un mini café hyper fort, très épais, « cremosso » comme ils disent. En deux petites gorgées c’est avalé. Surprenant la première fois, mais on s’y habitue et on les apprécie.

Un peu plus loin en cherchant un magasin pour notre pique-nique nous découvrons par hasard le vieux centre de Maruggio, tout petit mais très mignon. Comme quoi on ne sait jamais à quoi s’attendre avec les villes du sud de l’Italie.

 


Tarente (Taranto) : on quitte les Pouilles en gardant pas le meilleur pour la fin !

Nous avions prévu de contourner Tarente par les terres afin d’éviter de rouler dans cette grosse ville de plus de 200 000 habitants. Mais finalement on se rend compte que ça sera plus simple de la traverser côté mer, ce qui nous permettra en plus de découvrir sa vieille ville qui est très particulière. C’est une petite île qui marque la séparation entre la mer ionienne et une mer intérieure, appelée Mar Piccolo.

L’entrée dans la ville se fait facilement depuis notre coin de bivouac à 15km du centre. On longe l’arsenal, le plus grand d’Italie et juste avant de passer le pont qui mène à la vieille ville. On voit les beaux immeubles du centre dynamique de la nouvelle ville. On passe le pont en admirant le château aragonais et on pénètre dans la Città Vecchia, la vieille ville. Et la énorme déception pour moi.

Tant sur le port que dans les ruelles piétonne la plupart des bâtiments ne sont pas entretenus, voir décrépits ou carrément à l’état d’abandon. Il y a quelques commerces, mais ça ne donne vraiment pas envie de flâner dans les rues. Quand on sait que pendant une bonne partie de l’Antiquité Tarente qui s’appelait alors Taras était la capitale de la Grande Grèce… On aura pu voir les deux colonnes doriques vestiges de cette époque. Mais quel dommage de ne pas mieux mettre en valeur cet endroit !

Je ne suis pas au bout de mes surprises… A peine plus d’un kilomètre à vol d’oiseau de la vieille ville se trouve Ilva la plus grande aciérie d’Europe… Sur quinze kilomètres carrés des cheminées crachant des fumées toxiques, des barbelés et tuyaux rouillés. On aura pu les admirer de près car l’itinéraire de Lolo nous fait traverser cette zone sinistre…

Le pire étant pour les habitants de Tarente qui est une des villes les plus polluées d’Italie, avec un niveau record de cancers et un taux de mortalité nettement supérieur à la moyenne nationale… A tel point que même si l’Ilva est le principal employeur de la ville dans cette région où le taux de chômage est très élevé, de nombreux Tarentais réclament la fermeture du site … (Un lien pour en savoir plus si le sujet vous intéresse https://laregledujeu.org/2020/01/03/35482/un-jour-a-tarente-ville-la-plus-polluee-et-perle-abandonnee-de-litalie )