du 21/10/2025 au 30/10/2025

Une semaine à Lucca avec Can et Lila

Le 11 novembre 2025 par Coco

Lucca est une jolie cité médiévale de Toscane de 90 000 habitants. Beaucoup moins touristique que Florence et Pise, elle est pourtant très intéressante à découvrir. Lolo nous y a trouvé un petsitting en plein centre-ville, parfait pour prendre le temps de visiter et de se poser.

Deux énormes nounours

Pour ce petsitting on change de gabarit. Pour la plus grande joie de Loïc qui adorait Yapi, la berger allemand de son enfance, nous allons garder Can et Lila, deux gros modèles de cette race.

Can est le plus impressionnant. Il est vraiment très grand et très puissant. Pourtant c’est un gros nounours affectueux qui demande toujours des câlins. Lila est un peu moins imposante, on dirait un gros renard. Elle aussi est toute mignonne, mais elle a passé 5 années de vie difficiles dans un élevage qui lui ont laissé quelques séquelles. C’est une originale qui a un petit grain.

Comme ce sont des gros chiens, Íñigo nous a proposé un temps d’adaptation, pour que l’on s’habitue doucement les uns aux autres. Nous arrivons chez lui le 21 au soir et il ne part en vacances que le 23. Comme son appartement n’a qu’une chambre il va dormir chez sa fille le soir. On a donc le temps de faire connaissance avec notre hôte, auteur chercheur sur le sujet de l’écologie et du changement climatique.


Notre nouveau chez nous

On se sent bien dans son drôle de logement. Il vient d’aménager dans ce qui était auparavant un bureau et qu’il transforme en appartement. Une grande pièce de vie en bas et une mezzanine immense en haut. La plus grande chambre que je n’ai jamais vue !

Il n’a pas terminé de s’installer mais le lieu est vraiment chaleureux avec des beaux meubles anciens chargés d’histoire, des tableaux, des tas de livres et plein de vieilles photos. En plus il est idéalement situé, face aux remparts qui entourent la vieille ville. En 5mn à pied on est dans le labyrinthe de ruelles, et pourtant on profite aussi de l’immense espace vert qui entoure la muraille qui protège la ville.

Il nous manque juste deux choses, une cuisine digne de ce nom (Íñigo ne cuisine pas et n’a a donc que le strict minimum), et une machine à laver. Les lavomatics ne sont pas cher ici, mais lessive (qui pue le chimique, comme partout… notre lessive maison à base de cendres nous manque) et adoucissant sont inclus, et l’adoucissant c’est proscrit pour les vêtements techniques. Donc il y a plein de choses à laver à la main!


De la pluie, de la pluie encore de la pluie.

Heureusement que l’on y est bien car on va y passer du temps dans cet appartement. La météo des prochains jours est catastrophique. Pluie pluie et encore pluie … Le déluge continue. Ça fait rigoler Íñigo qui nous dit que tous les gens du « Nord » pensent trouver le soleil en Italie, mais que si la Toscane c’est vert, c’est bien par ce qu’il y pleut !!!

En attendant il est obligé de nous trouver des bottes car les immenses espaces de pelouse qui entourent les remparts où on va promener les chiens sont complètement détrempés.

Dans la ville les gens ont effectivement l’air bien habitués à toute cette pluie. Ils ont tous leur parapluie à portée de main, prêts à les ouvrir aux premières gouttes. Même à vélo ! Certains roulent parapluie à la main, et d’autres sont équipés de ponchos en plastique. Ça nous rappelle un peu le centre du Vietnam pendant les pluies de mousson.


Vive les glaces et les pizzas

Les Italiens raffolent des glaces, c’est incroyable le nombre de glaciers qu’il y a. On est obligés de craquer. Mention spéciale pour la saveur noisette.

On se régale aussi des délicieuses pizzas de chez Mimi. On peut y manger des pizzas classiques, ou acheter des parts de pizzas géantes à manger sur le pouce.

Par contre grosse déception pour les spritz que l’on s’imaginait déguster en terrasse. Ils sont beaucoup plus chers qu’à Padoue et Venise. Et sous la pluie ça donne moins envie, alors on passe notre tour, et on se fait des limoncello/prosecco à la maison.


En Italie pas de petits prix

On avait hâte d’arriver en Italie et de voyager dans un pays moins cher. Erreur. Dans les magasins les prix sont les mêmes que chez nous en France. Voir même un peu plus car il y a moins de supermarchés et plus de petites supérettes, plus sympas mais moins bon marché. Et puis surtout ici pas de dates courtes au rabais, on paie tout plein pot. Mais au moins on trouve de bonnes choses et surtout de très bons fromages !

Dans la rubrique « les préjugés de Coco », j’en avais un autre en tête. Après des mois de flegme anglais et de pays nordiques où les gens sont posés et toujours calmes, ce qui est vraiment reposant par rapport à la France; je me disais que j’aurai du mal à me réhabituer aux tempéraments « latins », de gens plus sanguins qui montent facilement dans les tours. Depuis que l’on est en Italie je suis vraiment très agréablement surprise par la courtoisie et la tolérance des Italiens. Ce que je ressens c’est qu’ici les règles sont moins claires qu’en France, alors chacun y met du sien, est souple, s’adapte, et ça passe. Notamment sur la voie publique. A Lucca par exemple, il y a pas mal de voies cyclables mais qui sont aussi des voies piétonnes. Ça pourrait vite être le bazar, mais non, même si c’est un peu pénible pour tout le monde, les cyclistes roulent doucement, s’arrêtent, se décalent et les piétons font de même sans que personne ne s’énerve. Ça reste fluide.

Sur la route, et surtout en ville c’est pareil. Ça bouchonne, au niveau des stops c’est pas toujours très clair, mais les gens laissent facilement passer, je trouve que c’est brouillon mais courtois et sans agressivité !

Des magnifiques "Palazzo"

J’arrive à embarquer Lolo dans la visite de deux de ces somptueuses demeures.

On découvre le Museo Nazionale di Palazzo Mansi, un palais du XVIe siècle où l’on se promène dans les luxueuses pièces conservées avec leur mobilier original. Il y a aussi une pinacothèque, une petite galerie de tableaux.

Le lendemain on part à la découverte du Palazzo Pfanner, connu pour son jardin baroque. L’entrée coûte quand même 7 euros et le tour du jardin est vite fait, on est un peu dégoûtés d’avoir payé autant pour « ça ». Heureusement on se rend compte que l’on peut aussi visiter quelques pièces du prestigieux palais érigé durant la deuxième moitié du XVIIe siècle. Dedans c’est tout aussi luxueux que chez les Mansi. Comme le maître des lieux était chirurgien il y a tout un tas d’anciens instruments chirurgicaux exposés. C’est un peu étrange comme mélange des genres mais nos 14 euros sont amortis !


L'emblème de la ville pour prendre de la hauteur

Étonnante avec des arbres qui poussent sur son toit, la Torre Guinigi est l’emblème de Lucca. 230 marches à monter et une superbe vue s’offre à moi. En cette fin de journée grise et humide le soleil fait une petite apparition juste au-dessus des montagnes pile-poil au bon moment !


Une virée à Pisa, voir la tour de Pise

Enfin, une journée ensoleillée est prévue. En 1/2 heure de train on est à Pise, et je ne veux pas manquer l’occasion de découvrir sa fameuse tour.

On en profite pour découvrir le vieux centre de Pise. Ruelles étroites, magnifiques bâtiments, l’ambiance y est plus chic qu’à Lucca. Et puis on arrive au fameux Campo dei Miracoli (la place des Miracles), un lieu où se concentrent un ensemble d’édifices grandioses classés au patrimoine mondial de l’Unesco :  il Duomo (la cathédrale), son campanile (la fameuse tour de Pise ), le Baptistère et le Camposanto un cimetière de style gothique. Tout à coup il y a plein de monde, et c’est la course au selfie. C’est assez marrant d’observer tous ces gens qui font des photos en faisant semblant de pousser la tour.

En tous cas on ne regrette pas d’être venus, elle est vraiment trop belle : toute blanche, finement sculptée et vraiment penchée ! Quel petit malin l’architecte qui l’a construite sur ce terrain marécageux, imaginait-il le succès qu’elle aurait quelques siècles plus tard ?

Pour retourner vers la gare, on achète un billet qui nous donne accès aux remparts qui encerclent la ville. On prend un peu de hauteur, sur cette muraille étroite, où l’on ne croisera presque personne en 3 km de marche. Et on profite d’un point de vue différent et très chouette sur le Campo dei Miracoli.


Et après on va où ?

On profite aussi de cette pause et d’avoir une connexion internet illimitée pour réfléchir à la suite de notre voyage. On était impatients de découvrir la Toscane, ses paysages bosselés et ses villages perchés mais toute la pluie passée et celle prévue pour les prochains jours nous refroidissent. Autant nous étions près psychologiquement à braver la pluie, le vent et le froid en Écosse et Islande, autant nous n’avions pas imaginé nous trouver face à de telles précipitations en Italie.

On songe à l’Espagne, au climat plus sec surtout dans le Sud, et qui nous permettrait de mieux communiquer avec les locaux car on a des restes de l’espagnol appris pour aller en Amérique du Sud. Il y a aussi le Maghreb et notamment la Tunisie, très facilement accessible en ferry depuis l’Italie (lorsque j’y étais allée en 2018 avec ma maman et Nathalie je m’étais dit que ça serait chouette d’y pédaler). Ou bien faire un bond de quelques centaines de kilomètres en train, pour descendre un peu plus au sud, en espérant y trouver un climat plus sec et plus chaud.

Finalement c’est cette dernière solution que l’on choisit. Il y a un train direct de Viareggio, sur la côte à 40 km de Lucca, jusqu’à Salerno près de Naples. Cela règle la question de Rome. On hésitait à y aller, pas très motivés à traverser cette immense ville à vélo. On loupe sûrement quelque chose, mais après une grosse semaine à Lucca on a eu notre dose de ville et on a hâte de se remettre à pédaler. On ne fera pas non plus le détour par Pompéi. Nous ne sommes pas très sensibles à la beauté des sites archéologiques, et ça ferait pas mal de frais pour y aller. Depuis Salerno on tracera donc directement vers les Apennins du Sud, histoire de grimper des cols pour se remettre en jambe!

Lucca comic and game festival

Notre dernier jour à Lucca coïncide avec le premier jour du « Lucca comic and game 2025 ». C’est le deuxième plus grand festival de bande dessinée au monde après celui de Tokyo et depuis que l’on est arrivés à Lucca, la vieille ville se prépare à recevoir des centaines de milliers de festivaliers. Des tas de barnums sont montés, des figurines géantes installées, les commerces sont décorés. Ce festival explore les univers de la bande dessinée, de l’animation, de l’illustration, du jeu vidéo et plus globalement des univers imaginaires. On pensait se prendre un pass pour une journée mais après avoir fait quelques recherches et vu les files d’attente pour rentrer dans les barnums lors des précédentes éditions, on préfère y renoncer. Et on fait bien, je pense qu’il faut être passionné pour vraiment apprécier : dans ces barnums, pas mal de vente de BD et d’objets de collection, et j’imagine de présentation de planches originales. Par contre on a bien apprécié se balader en ville. C’est un carnaval géant avec des festivaliers déguisés partout. Mes préférés, Auguste Gusteau se baladant en ville avec le véritable rat Ratatouille (vivant, en chair et en os) sur l’épaule et un DragonBall Z croisé de nuit avec sa boule de cristal illuminée. On a aussi pu entrer dans quelques lieux comme des églises qui présentaient des expos de mangas, où des enceintes militaires qui profitaient de l’occasion pour recruter. Bref on redécouvre Lucca transformée et grouillante de monde.