du 14/10/2025 au 21/10/2025

La plaine du Pô et la traversée des Apennins en mode « piano piano »

Le 5 novembre 2025 par Coco

Lors de notre séjour à Padova nous avons répondu à une annonce de petsitting : dans une semaine nous avons rendez-vous à Lucca (Lucques) en Toscane. Niveau timing c'est très large, alors plutôt que de faire des tours et des détours on décide de prendre notre temps.

Petite séance de rando avec les vélos

On quitte Padoue par les canaux, et pour mettre un peu de relief à notre trajet Lolo me prépare un itinéraire gravel sur une petite montagne au milieu de la plaine. On se retrouve sur un sentier VTT dans les bois à pousser nos vélos dans des pentes bien raides. Ça nous rappelle des souvenirs. Une fois en haut on est récompensé de nos efforts. Une magnifique vue avec un vignoble en premier plan.


Plat, facile mais pas très beau

On redescend sur la plaine, et c’est bien moins charmant. Des champs immenses, une exploitation intensive des sols, pas mal de déchets qui traînent, des dépôts sauvages d’ordures, des canaux d’irrigation aux eaux vraiment dégoûtantes… C’est pas idyllique comme endroit. Mais Lolo nous prépare des itinéraires tranquilles, loin des axes principaux, entre chemins agricoles, canaux et voies cyclables sur des digues.

Il fait super beau, du soleil, sans grosse chaleur, parfait pour pédaler. On arrive à se trouver des petits coins sympas pour pique-niquer, et on profite de la douceur du temps.


Petite halte paisible au bord du Pô

En descendant d’une de ces digues pour faire le plein d’eau nous tombons sur un petit coin agréable au bord du fleuve. Il n’y a pas d’eau potable, mais une aire aménagée de stationnement pour fourgons à côté de laquelle nous trouvons un coin d’herbe sous les arbres pour planter notre tente. Il n’y a qu’un camping-car, mais sur les bords du fleuve, c’est le point de ralliement des retraités, qui se retrouvent dans cet endroit paisible pour profiter de la douceur de cette fin d’après-midi.

Il y a aussi un bateau péniche amarré au bord du fleuve où ils ont installé des tables et des chaises pour partager un verre.

Le lendemain matin on suit notre logique « piano piano » et on reste trainer là. Les retraités les plus matinaux sont de passage dans le bateau et nous font comprendre que l’on peut y boire un café délicieux. On fini par se laisser tenter et on découvre un endroit self-service, basé sur la confiance. Machine à café, petites douceurs et même bouteilles de prosecco au frigo. On se sert un café et on laisse l’argent. Le gardien du lieu : un matou aux yeux magnifique ! Comme partout en Italie, il y a aussi une petite caméra de surveillance. C’est incroyable il y en a partout : particuliers, entreprises ou municipalités, tout le monde en installe.


On fait le plein de produits phytos

On arrive ensuite dans une zone de culture du raisin, pour les fruits je pense. On roule entre les champs de vignes, c’est joli. Ce qui me plaît moins ce sont les panneaux accrochés devant les champs indiquant que du 15 octobre au 15 novembre les vignes subissent des traitements phytosanitaires. Pour qu’ils soient tenus de l’indiquer, je me dis qu’ils doivent utiliser des sacrées cochonneries. Et pourtant il y a des maisons vraiment très très proches. Sur certains panneaux il est noté que la période va du 15 mars au 15 novembre …

Et nous il va falloir que l’on plante notre tente, la nuit ne va pas tarder à tomber. On croise un jardinier dans son potager près d’une grange avec un beau coin d’herbe pas trop près des vignes. Coup de bol, il baragouine un peu de Français. Ce n’est pas chez lui, on lui prête ce bout de terrain mais il nous arrange le coup avec le propriétaire. Plutôt que le coin d’herbe, il nous installe près de la grange, nous met de la lumière et nous ramène une bière fraîche et un énorme morceau de fromage de Sardaigne (son île natale dont il est très fier). Son grand-frère qui jardine avec lui nous rapporte ail, tomates, pommes, patates et oignons… Ils sont aux petits soins avec nous avant de rentrer chez eux dans la ville d’à côté. Ça fait chaud au cœur de rencontrer des gens si gentils.


Retour vers les montagnes

On les voit au loin et on a hâte d’y être, les Apennins la chaîne de montagnes qui traverse l’Italie du Nord au Sud. On longe une rivière qui forme un petit canyon. Les arbres ont commencé à roussir, on est sur une voie cyclable tranquille. Après avoir continué après une barrière ouverte, on se retrouve avec 20 mètres de goudron qui ont disparu. À la place une rivière. On s’imagine passer à gué comme en Islande, mais là ce n’est pas possible, en face c’est trop abrupt. Lolo nous trouve finalement un passage plus facile, un peu plus loin sur la rivière. Et surtout il nous trouve l’explication. Il y a deux ans la région Emilia-Romana où nous nous trouvons a subi de terribles inondations. Probablement une séquelle.

 


Traversée des Apennins en tenue automnale

Pour franchir les Alpenins nous visons le col du Radici à 1529 mètres d’altitude. Après un petit échauffement sur une route un peu passante on en bave durant 3 kilomètres hypers raides, puis le reste de l’ascension est beaucoup plus agréable et surtout magnifique.

Les Apennins ont revêtu leur manteau d’hiver et c’est une explosion de couleurs chaudes. Ça donne envie d’être peintre…

Les routes sont calmes et tranquilles, les hameaux charmants. On se dit que l’on y est vraiment au moment idéal… Surtout quand on voit les panneaux prévenant du risque de neige et de glissades…

On rencontre un couple d’amateurs de cyclisme qui s’intéressent à nos vélos. Ilps sont sympas et essaient nos montures. Ça faisait bien longtemps que l’on n’avait pas fait essayer nos vélos.


Nous voilà en Toscane

Région de collines et de villages perchés que l’on a hâte de découvrir. Malheureusement la pluie est prévue pour demain. On commence la descente et on s’arrête assez tôt afin de profiter des derniers rayons de soleil. Dans un petit hameau qui surplombe Castelnuovo di Garfagnana on nous permet de planter notre tente sur un terrain où sèche du bois. La vue est trop chouette, on domine la vallée , et on peut aussi voir les villages perchés.


Pas juste de la pluie, un vrai déluge !

La météo l’avait annoncé, ce fut pire ce que l’on s’était imaginé !

On commence la journée par un petit déj dans la brume et dès que l’on se met a pédaler, il pleut. On roule toute la matinée sous la pluie et dans une circulation dense c’est horrible. On s’arrête manger un morceau dans une boulangerie, et on récupère une route plus calme, mais la pluie est de plus en plus forte. En fin d’après-midi, après avoir monté un petit col on s’arrête trempés jusqu’à l’os. Entre les vêtements étanches qui donnent chaud quand ça grimpe et la pluie qui finit par s’infiltrer, c’est terrible. On pose notre tente en bordure d’un chemin parmi des oliviers et toute la nuit c’est un vrai déluge. Par moment on a l’impression que l’on jette des sceaux d’eau sur notre tente. Très bon test pour notre nouveau sol qui est resté sec. On aura quand-même eu quelques gouttes par le toit au niveau des coutures. Lolo va devoir leur appliquer un peu de silicone.

Au matin nos vêtements de la veille sont à tordre, nos sacoches et notre tente aussi et il y a encore de la pluie de prévue. Vraiment pas top pour rencontrer notre hôte de petsitting… Heureusement on arrive à Lucca en avance, et il y a une éclaircie qui nous permet de faire sécher le plus gros et d’arriver présentables chez Íñigo.