du 30/07/2025 au 03/08/2025

Le cercle de diamant

Le 31 août 2025 par Coco

Le sud de l'Islande a son cercle d'or, l'ouest son cercle d'argent, alors pour promouvoir le tourisme dans le nord beaucoup moins fréquenté ils ont inventé le cercle de diamant. Un circuit de sites naturels : la cascade de Dettifoss et le canyon d'Absygri que l'on avait pu admirer en remontant des Hautes Terres, Husavik d'où l'on peut aller voir les baleines, et la région volcanique toujours active de Myvatn.

On roule sur la route 1

La fameuse route 1, celle qui fait tout le tour de l’Islande et que l’on voulait éviter au maximum. Pas le choix il va falloir y rouler 70 km, mais notre carte pour cyclistes nous indique qu’elle est peu circulante à cet endroit.

Effectivement, c’est correct et les véhicules peuvent nous doubler en sécurité. On a même l’agréable surprise de se rendre compte que sur la route 1 aussi les paysages sont magnifiques. Niveau pédalage ça change des pistes : on a le vent de face, il y a de belles côtes, et pourtant on a l’impression de glisser sur le macadam !

Fini le vert, on s’approche des Hautes Terres et les paysages désolés refont leur apparition. On arrive quand même à se trouver un petit coin caché pour poser notre tente à proximité de la route 1.


1 an de plus pour Lolo

Nous voilà le 31 juillet, et mon Lolo a 46 ans ! On pensait fêter son anniversaire sur les pistes, mais on a avancé plus vite que prévu, on sera à Myvatn dans quelques heures.

Dans mes sacoches j’ai quand-même un  cadeau pour qu’il commence bien sa journée ! Un petit-déjeuner avec des petits pains qu’il adore mais qu’on ne trouve qu’au Bonus (et que j’ai miraculeusement trouvés à l’épicerie de Vopnafjörður il y a deux jours) et de la pâte à tartiner. En voyage notre petit déj c’est porridge : on trouve des flocons d’avoine partout, c’est léger, pas cher et ça nous calle pour la matinée. Et jusqu’à présent, lors de nos jours de repos on s’offrait des tartines. Mais en Islande entre les prix exorbitants et la rareté des boutiques c’est porridge tous les jours et notre bouillie matinale on en a marre, surtout Lolo. Donc mon cadeau est très apprécié !


A Hverir cest chaud bouillant !

Il nous reste une bonne trentaine de kilomètres à faire sur la route 1 pour rejoindre Reykjahlíð, petit village au bord du lac de Myvatn où l’on va se poser deux nuits pour pouvoir visiter cette zone volcanique qui est l’une des plus actives du monde!

5km avant le village il y a un col à passer, et au pied de ce col le site d’Hverir. On s’y arrête avant d’aller se poser au camping du village, en se disant que sinon on risque d’avoir la flemme de regrimper le col cet après-midi. Pour la première fois depuis que l’on est arrivés en Islande on découvre les parkings payants surveillés par caméras. Elles scannent les plaques d’immatriculation des autos et gare à celui qui ne paie pas son parking, les amendes sont salées ! Encore un privilège de cyclistes, pour nous c’est gratuit.

On débarque dans un vrai site touristique, plein de monde partout, des cars de tours opérateurs … Bref tout  ce dont on nous avait parlé et que nous n’avions pas encore vu. Et tout ce que Lolo adore…

Mais on comprend pourquoi il y a tant de monde. Fumerolles, marmites de boues bouillantes…  C’est très impressionnant de se dire que toute cette chaleur vient directement des entrailles de la terre. Sous le site la chambre magmatique est très peu profonde, ce qui fait qu’au niveau des marmites la température dépasse les 80° et plus de 100° pour la vapeur des fumerolles.  Avec en bonus une horrible odeur de souffre due aux gaz libérés par toute cette activité volcanique.

Le site est vraiment très beau car il est surplombé par une montagne aux flancs colorés : Námafjáll. Un arrière-plan magnifique !


Camping au bord du lac de Myvatn

On se remet en selle et on profite de la vue en haut du col. On se rend compte que la chaleur volcanique est exploitée à Reykjahlíð. Les panaches de fumée sortent de plusieurs bâtiments. Au camping l’eau chaude du village est fournie par la terre. Elle sort du robinet à 80° et elle sent…le souffre! Les propriétaires du camping disent qu’elle est potable, mais on ne s’y est pas risqué. On a préféré faire chauffer de l’eau froide pour nos cafés et nos tisanes !

Le camping où l’on s’installe est top. Il y a une énorme pelouse en bord de lac où les véhicules sont interdits. Il y a plein d’oiseaux, une vue magnifique et des couchers de soleil incroyables. Comme toujours c’est calme en journée et ça se rempli en soirée. Le lac de Myvatn est connu pour grouiller de moucherons, mais même pas besoin de sortir nos filets de protection, ils ne nous ont pas embêté.

Ce soir c’est apéro d’anniversaire au bord du lac, offert par Nathalie ! Lolo était tout content et très surpris d’avoir trouvé des bières à 2 euros à l’épicerie, alors que l’alcool est normalement vendu dans des magasins spécialisés. Ce sont en fait des bières légères a 2,5°, mais elles nous permettent de trinquer…juste avant de devoir finir l’apéro sous la tente pour cause de pluie !

 


Une journée volcanique

Et c’est parti pour une journée de visite autour du lac de Myvatn. Comme les différents sites sont éloignés de plusieurs kilomètres, on y va à vélo et on a la bonne surprise de constater qu’une voie cyclable vient d’être construite sur une quinzaine de kilomètres. Le lac est vraiment magnifique et c’est agréable de rouler ici.

On commence par s’arrêter à Hverfjall. C’est un cratère de volcan apparu il y a 2500 ans. Il est tout noir et culmine à 250m. On peut y monter et faire le tour du cratère en une heure de marche. Cette énorme masse de cendres noires tranche avec les alentours qui sont verts et vivants, et de là-haut la vue est vraiment belle.

Puis nous découvrons Dimmuborgir, les restes d’un champs de lave aux formes très inhabituelles provoquées par des échappements de vapeur d’eau lorsque la lave a refroidi. Cela forme un vrai labyrinthe de roches et de végétation où l’on peut se promener sans se perdre, grâce à un balisage coloré. D’ailleurs le lieu est à l’origine de plusieurs contes populaires dans lesquels les formations rocheuses sont des trolls, des fantômes ou encore des elfes. On a aussi appris qu’en Islande il n’y a pas un père Noël mais 13 fameux Yule Lads et qu’ils vivraient ici. Il y avait des panneaux où ils étaient en photos, ça à l’air d’être des sacrés numéros !

 


Un dernier tour de lac

Retour au camping pour préparer la suite de notre itinéraire ! Nous avons décidé de retourner dans les Hautes Terres avec comme but le petit refuge de Laugafell, construit à côté de sources d’eau chaude où deux bassins ont été aménagés pour se baigner. Rien a voir avec l’énorme complexe de bains thermaux de Myvatn, et beaucoup moins cher. Il nous faudra 7 jours d’autonomie en nourriture pour aller ensuite jusqu’au prochain magasin à Husavik. On fait donc notre plein à prix d’or dans la petite épicerie de Reykjahlíð.

Durant la nuit c’est fort vent et pluie. Au matin, ça c’est un peu calmé mais ça  souffle toujours, et quand Lolo refait un point météo il se rend compte que le vent va forcir cet après-midi et encore plus demain. On hésite à maintenir notre programme, et on finit par se dire que l’on va tenter.

Le soleil est au rendez-vous et l’on reprend notre voie cyclable de la veille, vent dans le dos jusqu’aux pseudo-cratères du sud du lac. Ils ressemblent à des petits volcans mais ils sont  formés par des explosions de vapeur lors du contact entre une coulée de lave et l’eau d’un lac. On profite d’un tourist-center pour s’abriter du vent pour notre pique-nique. Nos vélos intriguent… Une mamie vient nous voir. Elle est super intéressée et nous pose plein de questions sur les vélos. Quand elle était plus jeune elle encadrait des voyages avec des jeunes. Elle est rigolote et en voyant ma culotte qui sèche sous mon drapeau elle me dit qu’elle elle accrochait les siennes à son guidon et que les jeunes avaient trop honte, mais qu’elle au moins avait une culotte propre tous les jours ! Quand je lui demande d’où elle vient elle me dit qu’elle est américaine, et d’excuse d’avoir un président pareil. Qu’elle n’a pas voté pour lui et qu’elle s’excuse par avance pour tout ce qu’il va pouvoir encore dire et faire…

Lorsque l’on remballe nos affaires c’est un groupe d’Indiens qui se mettent autour des vélos. Ils nous fixent sans rien dire, c’est très particulier, mais pour avoir lu des récits de voyage en Inde, c’est comme ça là-bas. Comme Loïc en a encore pour 5 minutes à se préparer, je me dis, « aller Corinne, sois sympa c’est un bon moyen de gagner facilement quelques points de paradis ». Ils ne parlent pas anglais mais sont supers contents que je leur fasse une petite démonstration, puis c’est la scéance photo. Ils prennent la pause avec moi et y en a même une qui essaie le vélo, c’était drôle.


Un bain chaud qui tombe à l'eau

On se remet en route et le vent a bien forci. En plus on se le prend de côté. On commence à monter vers les Hautes Terres, et plus on prend de l’altitude plus le vent nous pousse sur le côté. Arrivés au début de la piste le vent est hyper fort, en pleine face, si on continue ça va être la galère, mais si on fait demi-tour maintenant on n’ira jamais à Laugafell.

C’est quand même les Hautes Terres qui sont devant nous, on se résigne à changer de programme.

Cap sur Husavik

On est super déçus mais on se console en pédalant sans effort, le vent est maintenant avec nous et il nous pousse. On file, il fait beau et la route est belle. Le seul problème c’est qu’il y a pas mal de voitures et qu’entre les 4*4 et les fourgons, les énormes roues font beaucoup de bruit. On vise le camping qui fait parti de la camping-card, où l’on pense rester deux nuits pour visiter la ville.

Quand on débarque au camping à 19 heures on est dégoutés…. au même moment à Crozon c’est le festival du Bout du Monde, eh bien au camping d’Husavik on se croirait sur un parking fourgons du festival, musique et alcool en moins. Les tentes et les fourgons sont agglutinés, il n’y a que 2 douches et 5 wc, bien sales évidemment, pour des centaines de personnes. Il n’y a qu’un avantage : des arbres qui nous protègent du vent et qui font office de wc supplémentaires !

On trouve un petit coin tout bosselé qui nous permet d’avoir un espace vital acceptable et on profite de notre soirée pour visiter la ville. Une jolie petite église et le fameux port d’où partent les bateaux « safari baleine ». Les bateaux sont des vieux bateaux de pêche en bois de chêne, vraiment très beaux. Je rêve de voir une baleine, et depuis l’Écosse je scrute la mer en vain. Une virée en mer à Husavik serait l’assurance d’en voir, mais le principe ne nous plaît pas.


En attendant les baleines

A 23 km au nord d’Husavik il y a un camping en bord de mer, où l’on peut apercevoir des cétacés, avec chance. On va y passer une nuit, après avoir complété nos courses, car on a besoin de 8 jours d’autonomie.

Par contre comme on est dimanche, pas moyen de trouver de magasin pour acheter deux vis pour fixer la béquille de Lolo qui vient de lâcher. Et dans un pays comme l’Islande c’est galère de ne pas avoir de béquille. Mais la chance est avec nous. En étant à l’affût en traversant la ville je repère un genre de casse où un gars vient de rentrer. Lolo va le voir, lui explique son problème et après avoir fouillé partout il lui déniche ce qu’il faut et les offre à Lolo ! On nous avait dit « vous verrez en Islande rien n’est gratuit », et bien c’est pas vrai !

La route côtière est toujours aussi belle sous le soleil et ce nouveau camping est l’opposé de l’autre. Le proprio est très accueillant et sympa, il y a plein de place, une magnifique vue mer, une cuisine où l’on peut manger au chaud, une machine à laver pour 6 euros… On abrite notre tente derrière des bottes de foin, on rencontre une famille française très sympa avec qui on discute, et surtout on s’installe avec nos jumelles pour guetter les baleines.

Le lendemain matin, Lolo se rend compte que son système de béquille pourrait être amélioré. Comme le gars du camping a l’air d’être bricoleur il va lui demander. Il revient avec ce qu’il lui fallait, plus de la peinture antirouille dont mon vélo avait besoin. Pendant qu’il bricole je continue à guetter les baleines, mais toujours rien.

C’est donc sans avoir vu de baleines que l’on quitte la côte pour retourner vers l’intérieur du pays !