Dernier voyage sur le Norrona
Il est 3 heures du matin quand on s’écroule enfin dans les confortables couchettes de notre cabine après un embarquement au milieu de la nuit. Une petite grâce matinée pour récupérer, et on ne voit pas le temps passer ! Pourtant cette fois on ne passe pas notre temps à pipletter… Maintenant que l’on connait le navire comme notre poche on s’installe à l’abri du vent et face au soleil pour un petit apéro, et on est aux premières loges pour admirer le coucher de soleil sur l’océan.
Le lendemain midi, les côtes danoises apparaissent… Oh que c’est plat… Ça fait moins rêver qu’une arrivée en Islande ou aux îles Féroé…
Soirée au coin du feu avec Jean-Michel
En tout cas à Hirtshals aussi le vent souffle fort, très fort même, mais on est motivés pour pédaler car on a un rendez-vous ! On a proposé à Jean-Michel (qui nous avait accueillis chez lui à Løkken) de se retrouver dans un shelter entre sa maison et notre itinéraire vers le sud et il va nous y rejoindre à vélo. On a donc fait le plein de bières islandaises sur le ferry. Coup de chance les 3 shelters sont libres et il y a une grosse réserve de bois à disposition ! Jean-Michel arrive avec ses sacoches pleines de bonnes choses, et ça nous fait bien plaisir de le revoir. On passe une très bonne soirée au coin du feu avec lui et notre invitée surprise. Une adorable petite chatte très câline qui nous a même suivi dans notre shelter. Évidemment pas question qu’elle vienne sur nos matelas gonflables, alors Lolo lui a fait un petit coussin avec son polaire, et elle a passé la nuit dessus à lui ronronner dans les oreilles ! Par contre cette fois encore on a oublié de faire une photo souvenir avec Jean-Michel, vous aurez donc celle de la chatte !
Des arbres partout
Ils nous ont manqués en Islande et aux Îles Féroé : les arbres. Ici au Danemark on est servi il y en a partout de toutes les tailles et on est bien contents de les retrouver et d’entendre le bruit de leurs feuilles dans le vent.
En plus c’est la bonne saison, ils donnent plein de fruits ! Quand je vois tous ces pommiers avec plein de pommes par terre que personne ne ramasse… Comme à Keredern, sauf qu’ici je n’ai ni cuisine, ni bocaux, ni stérilisateur… Évidemment je ne peux pas m’empêcher d’en ramasser quand même, ça nous fait des fruits gratuits.
Il y a aussi plein de mirabelliers sauvages. Quand j’ai ramassé mes premières mirabelles j’étais trop contente, j’adore ces petits fruits qui me font penser à ma mamie Blandine qui m’en achetait toujours. Mais déception elles ne sont jamais bonnes, toujours très acides. On se rabat sur des petites prunes violettes et même parfois des poires.
On retrouve nos shelters
Au Danemark les shelters c’est vraiment super. Tous les soirs on sait que l’on aura un abri. En fin de journée pas besoin d’être à l’affût et de chercher un endroit où poser notre tente, on sait qu’un shelter nous attend. La plupart sont assez grands pour que l’on ait notre espace lit et notre espace salon pour bouquiner ! Par contre ça demande un peu plus d’organisation et d’anticipation. Le soir Lolo regarde l’itinéraire du lendemain et l’ajuste en fonction de la position des shelters.
Et moi j’ai investi dans une petite balayette. Régulièrement l’intérieur des shelters est poussiéreux et même si on met une bâche sous nos matelas, un petit coup de balai avant de s’installer c’est quand même mieux. Elle est tellement chouette cette balayette que même Lolo l’a adoptée pour bichonner les vélos !
Tous les shelters ont un foyer pour faire du feu, et parfois du bois à disposition. Ça nous est même arrivé deux fois de trouver un feu presque éteint que l’on a pu raviver facilement en arrivant. On apprécie ces soirées à admirer les flammes.
Des shelters de toutes sortes
Les shelters il y en a partout et de toutes sortes. La plupart sont gratuits installés par les communes, mais certains appartiennent à des particuliers qui font payer la nuit ( 8 euros pour deux au maximum). Évidemment on ne choisit que des gratuits…. Certains ont bien vécu, sont un peu poussiéreux et d’autres sont tous neufs avec des formes plus modernes.
Et il y en a dans toutes sortes d’endroits. Dans les forêts (ce que semblent apprécier les Danois, mais une fois la nuit tombée c’est parfois un peu lugubre), dans des espaces verts en sortie de villages, en pleine campagne au milieu des champs, mais aussi en ville.
Celui qui m’a le plus surprise se trouvait dans un quartier résidentiel d’une petite ville, dans le parc d’un efterskole, un pensionnat de lycéens ! Quand on voit les écoles, collèges et lycées français de plus en plus fermés et barricadés, ici c’est le contraire, ils encouragent les voyageurs à venir au contact de leurs élèves. Les efterskoles, se sont des structures qui permettent aux jeunes Danois de faire une année de césure avant de choisir la suite de leur orientation dans une filière générale ou professionnelle. Ils ont entre 14 et 16 ans et durant cette année on leur propose de nombreuses activités sportives, culturelles et artistiques. Nous y étions un vendredi soir, et les ados avaient l’air de vivre leur meilleure vie, une ambiance colonie de vacances dans un bâtiment à la Harry Potter !
Une météo plus clémente
Au Danemark aussi il y a du vent et de la pluie mais on apprécie de retrouver une météo beaucoup plus clémente. Les températures sont plus douces, le vent est moins froid et quand il pleut il y a des abris.
Pendant cette dizaine de jours on roule le plus souvent sous un ciel ensoleillé, mais on se prend régulièrement de bonnes averses. Au final comme il y a pas mal d’endroits pour s’abriter on ne finira pas souvent trempés. Cela nous fait vraiment du bien de vivre dehors sans avoir tout le temps froid, et de pouvoir même rester admirer le ciel étoilé sans être frigorifiés.
Des petites routes tranquilles
On est contents de retrouver les paisibles routes et villages danois. Les fleurs sauvages en bordure de champs sont moins nombreuses qu’en juillet, mais c’est vert, arboré et facile ! A part sur la partie sud de la péninsule du Jutland où c’était plus dense et urbanisé avec beaucoup de circulation on alterne entre petites routes, chemins gravillonnés et sentiers de terre.
Dans les campagnes, devant les maisons les gens installent des petits stands où ils vendent leur production d’oeufs, de miel ou de légumes. On se sert et on laisse l’argent dans une boîte, ou on paye par téléphone. Il y a aussi des stands genre « vide grenier » où les gens vendent toutes les choses dont ils n’ont plus besoin. Il faut dire que les danois semblent adorer la seconde main. Partout il y a des magasins de type recyclerie.
On passe d'îles en îles
Le Danemark est un archipel. En plus de la péninsule principale, Jutland, le pays est constitué de 443 îles et îlots dont la plupart ne sont pas habités. Les îles principales sont reliées par des ponts et parfois des ferries . Nous traçons donc notre route d’îles en îles, Fyn, Tasinge, Langeland, Lolland, Falster, Møn et Sjælland l’île de Copenhague.
Certaines sont toutes plates, d’autre vallonnées comme à Jutland, mais partout il y a de magnifiques maisons anciennes aux toits de chaumes. On roule souvent en bord de mer, on voit de jolis petits ports et en cette fin d’été ces endroits qui doivent être touristiques l’été sont tranquilles et paisibles.
Les "Møns Klint", les falaises de craies de l'île de Møn
Nous faisons un petit crochet pour aller admirer les Møns Klint qui viennent tout juste d’être classées à l’UNESCO en juillet dernier. Jean-Michel nous avait conseillé des shelters juste à côté du site. On s’y pose en fin d’après-midi, timing impeccable pour profiter des jolies couleurs chaudes du soleil qui se couche. Les falaises surplombent la mer à 120 mètres de hauteur, et pour pouvoir les admirer il faut descendre les 500 marches d’un gigantesque escalier et les remonter bien sûr ! Parfait après une journée de vélo !
Le lendemain matin on pensait faire une marche sur les hauteurs des falaises mais la pluie s’en mêle juste quand on est prêts. On s’abrite au « tourist center » où règne une grande effervescence… Il y a des gens qui font du ménage, plein de policiers et même des chiens policiers qui reniflent partout. Lolo mène son enquête et découvre la raison de cette agitation : la reine va venir visiter les Møns Klint cet après-midi. Je devrais plutôt dire les reines : Mary Donaldson la reine consort (épouse du roi) et l’ex-reine Margrethe II qui a abdiqué en 2004 pour laisser le trône à son fils. On ne restera pas les attendre, on a rendez-vous à Copenhague, on est des petsitters ponctuels quand-même !
Peu de rencontre avec les Danois
Une chose a manqué durant notre traversée du Danemark : le contact avec les gens. Lorsque l’on a eu quelque-chose à leur demander, les Danois ont toujours été très gentils et aidants avec nous. Ils ont toujours fait l’effort de nous parler anglais quelque soit leur âge. Mais à part pour le nécessaire on peut compter sur les doigts d’une main les échanges que nous avons eus avec eux. On a trouvé les gens très distants. Il paraît qu’au Danemark il faut des années pour se faire un ami, mais que quand on s’en est fait un c’est pour la vie !