Fini l'Angleterre, ici c'est le Pays de Galles
Les drapeaux gallois avec le dragon rouge flottent un peu partout, et tous les panneaux sont bilingues. Anglais et Gallois. C’est une langue celte qui est de la même famille que le breton. Ce que l’on aura surtout remarqué c’est que plus on s’enfonce dans le Pays de Galles, plus les gens ont un accent important. Au fin fond des « montagnes » galloise on se demandait toujours si ils parlaient anglais ou gallois. Déjà que l’on n’est pas bien doués en anglais… Pas facile de les comprendre !
Il y a aussi bien plus de relief qu’en Angleterre, les montagnes Galloises ne sont pas bien hautes ( le point culminant le mont Snowdon culmine à 1085m) mais elles sculptent les paysages.
On passe un premier col le Gospel Pass dans le Brecon Beacon national park, et on en prend plein les yeux sur ses petites routes à travers des paysages jaunis.
Après le froid sec, le froid humide !
En voyant à la météo que la pluie arrivait on se disait qu’en choisissant le Royaume Uni on savait bien qu’on allait être mouillés, mais qu’au moins les températures allaient remonter.
Pas du tout… Il fait toujours aussi froid mais en plus on est mouillés.
Ça commence gentiment, petite pluie au montage du bivouac, Lolo m’installe notre bache pour que je cuisine au sec.
Et puis jours après jours on teste pantalons de pluie, veste de pluie, gants, sur gants et cuisine dans la tente…
Ha c’était vraiment le bon temps les pauses pique-nique au soleil devant les églises anglaises.
9 nuits en bivouac un arrêt décrassage s'impose
Après 9 nuits sous la tente on a quand même besoin d’une bonne douche et d’une machine à laver. On s’offre donc une nuit dans une chambre à Rhayader, petit village aux portes de l’Elan Valley.
On y arrive en fin de matinée, on savoure notre douche, puis opération laverie, on transforme notre chambre en séchoir, on met à jour le blog… Et il est déjà temps de se remettre en route.
De la douce température de notre logement chauffé, on passe à 6° à l’extérieur, du vent de face et un petit crachin… Dur dur de se remettre en route, mais les paysages sont magnifiques. Par des petites routes on longe un réseau de réservoirs d’eau qui alimentent le pays de Galles et Birmingham. La route devient plus petite et tout à coup on a l’impression d’être au bout du monde… Paysages déserts, immenses, herbes jaunies, moutons… Un petit air de Mongolie… Malgrès la pluie qui tombe de plus en plus fort et les rafales de vent on se régale. On termine la journée trempés et frigorifiés, mais le lendemain matin un timide soleil nous sèche et on découvre ces mêmes paysages sous le soleil tout aussi beau que la veille.
Nous découvrons ensuite le park Naturel Snowdania plus boisé mais tout aussi sauvage où l’on se sent tous petits dans ses paysages immenses et déserts.
Par contre tout cela se mérite. Les côtes sont raides raides raides et on passe notre temps à descendre des vélos pour passer un raidillon, voir pousser les vélos pendant plusieurs centaines de mètres. Même Lolo doit pousser. Et comme il est sympa quand c’est vraiment trop dur après avoir poussé son vélo, il vient chercher le mien !
Des moutons par milliers...
En Angleterre il y avait beaucoup de moutons, mais ici au Pays de Galles il y en a absolument partout. Pas de cultures, des moutons, des moutons et encore des moutons. Les terres sont pauvres, et la vente d’agneaux pour leur viande est importante pour l’économie de la région. On préfère occulter l’idée qu’ils vont finir en gigots et on ne se lasse pas de les observer. Ils sont trop mignons ces petits agneaux, et on a vraiment de la chance on est en plein dans la période d’agnelage, donc plein de petits partout.
Propriété privée ! Et on campe où nous ?
Au Pays de Galles le camping sauvage n’est pas autorisé et il est même illégal de planter sa tente dans un champ sans l’accord du propriétaire.
On a beau être en pleine nature toute la journée, tous les terrains sont privés et clôturés. Pour les randonneurs et même pour les vélos sur certains chemins, il y a tout un système de droit de passage, avec des balisage qui fait que l’on peut se promener partout, mais pour camper c’est une autre affaire.
Surtout que plus on s’enfonce dans le Pays de Galles moins on se sent bienvenus. On y a rencontré plein de gens très sympathiques, mais d’autres tournent la tête pour ne pas a avoir à nous dire bonjour, on nous a aussi répondu » I don’t speak English »…
Bref plusieurs fois on s’est bien demandé où on allait bien pouvoir dormir, même si au final, on a toujours trouvé des coins sympas. On a même pu dormir dans un Bothy, l’équivalent des refuges de montagne non gardés chez nous. On était tout trempés, on cherchait un coin pour mettre la tente et on a croisé un cycliste gallois qui nous a dit qu’il allait y dormir et que c’était pas loin. Au final c’était tout sombre et comme c’était un week-end prolongé on a fini a 12 dans le bothy, mais c’était une expérience !
On retrouve la côte et on débarque dans un autre monde.
Un peu fatigués de pousser les vélos, on décide de rejoindre Liverpool par la côte, et là on bascule dans un autre monde. En 35km on passe de nos montagnes désertes à une succession de « caravans park » sur 15km… Vraiment une succession sans fin de campings le long d’un front de mer rectiligne, des mobiles homes par milliers. Certains caravans park situés juste sous des 4 voies, d’autres près de fête foraines…
On longe tout cela sur une voie cyclable en se demandant bien où l’on va caser notre tente, et puis ça s’arrête, on grimpe un peu dans les terres, on demande à planter notre tente dans un champs, et on se fait offrir un verre de vin par un charmant couple de retraités !
Le lendemain on évite les grandes routes grâce un réseau de voies cyclables et on prend un métro tunnel qui nous permet de traverser le bras de mer qui nous sépare de Liverpool.