du 06/10/2025 au 13/10/2025

Nous voilà en Italie, des Alpes à Venise

Le 30 octobre 2025 par Coco

Après presque 7 mois dans les pays nordiques, changement d'ambiance, nous voilà en Italie !
Alors à nous la doce vita ?

Le Südtirol, l'Italie version ambiance germanique

Le sommet du col du Brenner ne fait vraiment pas rêver… Pas de belle vue à admirer, mais un immense centre commercial rempli de fringues de marque, puis une étroite vallée que se partagent l’autoroute, la voie de chemin de fer et la nationale. Et nous dans tout cela ? On descend sur une piste cyclable, à l’écart de toute cette agitation, elle serpente à flanc de montagne sur un goudron impeccable.

On arrive à la petite ville de Vipiteno, et là c’est très perturbant car les gens parlent Allemand. En fait le Südtirol (Alto Adige en italien) fait partie de la province autonome de Bolzano, la région la plus riche de l’Italie et qui a un statut particulier. Ici il y a 3 langues officielles : l’Allemand, langue la plus parlée, l’Italien et le Ladin une langue romane parlée dans certains régions de Suisse, d’Autriche et d’Italie (5% de la population du Südtirol la maîtrise). La plus part des gens sont bilingues.

Les rues de Vipiteno ressemblent plus à celles d’Innsbruck en Autriche qu’à l’image que je me faisais de l’Italie, mais dans les boutiques c’est différent. Il y a plein de petits commerces de bouche : primeurs, fromagers, charcutiers… Et des « gelateria ». Il y a des marchands de glaces partout ! Pour le moment le temps ne s’y prête pas trop. Ça caille ! Mais dès le lendemain au fur et mesure de la journée, il y a de plus en plus de soleil, on s’en offrira une pour le goûter.

Le Südtirol c’est le pays des pommes. Il y a des vergers partout, on comprend mieux pourquoi on trouvait des pommes italiennes dans les pays du nord.


Le Dolomiti, les Dolomites

Nous quittons le Südtirol, et nous entendons enfin parler italien dans les rues. En comparaison de toutes les langues entendues jusqu’à présent durant notre voyage, c’est doux et chantant.

Les Dolomites sont célèbres, et le premier jour je suis plutôt déçue. Des collines vallonnées partout, avec des vallées très étroites qui serpentent entre elles, et des maisons perchées ci et là. C’est joli, mais je ne comprends pas le classement à l’UNESCO. Et puis nous arrivons dans le Parc nationale des « 3 cimes ». Nous les traversons sur une piste gravilloneuse magnifique entre lacs, forêts et sommets majestueux à pic. Ici aussi les vallées sont étroites et on se sent écrasés par ses montagnes aux pentes quasi verticales. Le soleil est de la partie, on se régale !

A la sortie du parc on traverse le village de Cortina Imprezzo. Une petite ville tout en longueur où les jolis chalets sont coincés entre deux montagnes. On aurait bien aimé pouvoir s’y arrêter quelques jours pour randonner. Mais il aurait fallu anticiper, et pas sûr que l’on soit assez bien équipé pour s’aventurer sur ces sentiers de randonnée !


Un super itinéraire cyclable

Depuis que nous sommes arrivés en Italie nous sommes vraiment impressionnés par la qualité de l’itinéraire cyclable que nous suivons. De nombreuses anciennes voies de chemin de fer ont été transformées en voies cyclables où l’on roule à l’écart de la nationale très passante. Tunnels et ponts maintenant réservés aux vélos sont entretenus, et, lors des travaux, des déviations sont mises en place. Dès que cela est possible l’itinéraire nous fait aussi emprunter des petites routes peut passantes et le tout est très bien indiqué. Même pas besoin du GPS !


Que de bruit !

On a beau ne presque jamais rouler à côté des voitures, le bruit de la circulation nous empoisonne la vie. Les vallées sont étroites et même si l’on n’est pas à porté de vue des routes on est trop souvent à portée d’oreille. Sachant que les italiens aiment faire rugir leur moteur ça nous agace fortement. Nous avons aussi plein de sections calmes et paisibles, mais bien souvent à l’heure de chercher un coin pour planter la tente c’était beaucoup trop bruyant.


19h, c'est fini, au lit !

Depuis notre départ de Copenhague on ressent vraiment que les journées sont de plus en plus courtes. A 19h il fait nuit noire et quand on est cyclotouristes adeptes de camping sauvage ça complique la vie.

À 18h il commence à être urgent de trouver un coin pour poser notre tente. Pendant que Lolo monte la tente je prépare à manger, si on a pu s’arrêter avant 18h j’ai encore un peu de lumière pour faire la vaisselle. Une fois tout rangé il est entré 19h et 19h30 et le soleil ne pointera le bout de son nez qu’à 7 heures le lendemain matin. Et si il faut huiler la chaîne, et bien il reste les lampes frontales pour s’éclairer !


On descend de la montagne

On se dirige vers la plaine du Pô, alors forcément ça descend. On est un peu déçus de quitter les montagnes mais quand on regarde le ciel derrière nous on n’a pas très envie de rester trainer… Là haut c’est tout noir et il a l’air de bien pleuvoir. On arrivera à tenir les gouttes à distance jusqu’au moment de planter la tente.

Ce soir-là c’était le bivouac le plus glauque depuis notre départ. Temps gris et humide, vallée hyper étroite avec une autoroute sur un pont perchée à au moins 100 mètres de hauteur et en dessous une petite route qui relie deux hameaux séparés par une forêt. On se cache parmi les arbres avec l’autoroute en fond sonore, et le bruit de la pluie. Un cadre idyllique…

Une fois dans la vallée on se sent vraiment en Italie. Les petites villes que l’on traverse ont de vieux centres magnifiques, aux ruelles étroites, plein d’églises et de jolis bâtiments. Autour de ces vieux centres il y a peu de bâtiments hauts, ce qui donne une sensation d’être plutôt dans une succession de villages.

Les gens que l’on croise sont souriants et chaleureux. Beaucoup d’entre-eux nous parlent en anglais. Les anciens qui ne parlent pas anglais sont amusants, car souvent, une fois que l’on a dit que l’on ne parle pas Italien, et baragouiné quelques mots, ils nous racontent quand-même leur vie en Italien. On essaie de saisir quelques mots qui ressemble au Français… Et on sourit !


Un pays vieillissant

l’Italie est le deuxième pays après le Japon à avoir les plus grandes proportions de sa population âgée de 65 ans et plus. Je ne le savais pas avant de venir pédaler dans ce pays, mais c’est très visible. Dans les grandes villes, c’est comme en France, mais dans les campagnes et les petits bourgs c’est flagrant. On voit très peu de jeunes et d’enfants et du haut de notre quarantaine bien entamée on se sentirait presque jeunes !

Padova, la belle Padoue

Depuis Munich nous suivons l’itinéraire cyclable « Munich-Venise », un beau parcours bien aménagé de 700 km, qui se termine dans une ville… interdite aux vélos. Ruelles étroites, ponts avec escaliers partout et affluence touristique énorme, on comprend bien que les vélos n’y ont pas leur place, mais je suis trop déçue de ne pas pouvoir dormir sur l’île. Il y a deux ans j’y ai passé 5 jours avec ma maman et ma petite sœur, logées dans le paisible quartier de Santa Elena et j’aurais bien aimé pouvoir faire visiter le Venise loin des foules à mon Lolo.

La ville de Mestre aux portes de Venise ne faisant pas rêver, on écoute les conseils de Mallorie et on casse notre tirelire pour s’offrir 3 nuits en Airbnb à Padoue, d’où on peut aller à Venise en 1/2 heure de train. Excellent choix, nous en profitons pour découvrir cette jolie ville et nous passerons une seule journée à Venise.

On arrive à Padoue en début d’après-midi, notre petit appartement est top avec un balcon qui donne sur les toits, et comme on est tout proches du centre on peut revenir s’y poser entre deux balades. La ville est vraiment magnifique avec ses ruelles, ses canaux, ses palais, ses églises, ses piazza et ses kilomètres d’arcades qui protègent les piétons du soleil et de la pluie. C’est très agréable de s’y balader et de la découvrir.

Nous sommes impressionnés de voir le nombre de pèlerins qui viennent se recueillir à la Basilica di Sant’Antonio. Elle a été construite au 13ème siècle en l’honneur de Saint-Antoine de Padoue et depuis des siècles les pèlerins refont le dernier trajet du Saint sur les « cammino di Sant’Antonio » de Camposampiero à la Basilique de saint Antoine où il se recueillent devant son tombeau. On se contentera d’admirer ce magnifique bâtiment éclairé par les lumières de fin de journée.

On aime aussi traverser la gigantesque place Prato della Valle. Avec ses statues et son canal qui en fait le tour c’est vraiment très beau. Et toujours animé. Promeneurs dans le centre et marchés sur les pourtours : selon les jours, produits alimentaires, plantes ou artisanat d’art.


Petite leçon de Spritz

A Padoue nous avons eu le droit à un cours de spritz avec un serveur sympathique. Apérol, Select ou Camparil : il faut choisir : le goût n’est pas le même.  Ils sont plus ou moins amers et alcoolisés. Au final notre préféré est le Camparil, le plus amer.

En tous cas que ce soit à Padoue où à Venise, nous sommes à l’endroit où il a été inventé, et boire un spritz en terrasse ici a une saveur particulière.


Venezia bellissima, une journée à Venise

Après un court trajet en train nous voilà enfin à la gare de Santa Lucia parés à redécouvrir Venise. Lors de notre tout premier voyage vers l’Asie en 2008 nous nous y étions arrêtés… Entre temps on a pris un sacré coup de vieux…

On s’échappe vite des ruelles bondées autour de la gare et on se perd dans celles de Cannaregio, bien paisibles en ce début de matinée. On admire la lagune, et pour une fois c’est moi qui offre une croisière à mon Lolo ! Nous voilà partis pour un tour de vaporetto, depuis les canaux le point de vue est différent. On remonte le joli canal de Cannaregio, on repasse devant la gare, puis on navigue entre les îles. On aperçoit de loin la cathédrale San Marco, le Campanile, le Palais des Doges et le pont des soupirs, mais il y a bien trop de monde pour que Lolo apprécie la visite. On file jusqu’à Santa Elena où l’on peut savourer tranquillement un Spritz en terrasse et on redescend toute l’île à pied par les ruelles tranquilles. C’est toujours aussi beau et charmant, et nous sommes gâtés, le soleil est au rendez-vous.


Vive les pneus renforcés !

7552 kilomètres au compteur et Lolo crève pour la première fois du voyage. Pas mal non?