du 12/07/2025 au 18/07/2025

Sur les pistes des Hautes Terres

Le 4 août 2025 par Coco

Les Hautes Terres, c'est la partie centrale de l'Islande. Une région inhospitalière, désertique, inhabitée et minérale. Entre volcans, glaciers, montagnes et hauts plateaux, quelques pistes ouvertes seulement de mi-juin à mi-septembre permettent de découvrir des paysages incroyables. Parmi les 4*4 et les motos tout-terrain, voilà Coco et Lolo sur leurs petits vélos !

Ravitaillement chez Bonus

Dans les Hautes Terres, à part quelques refuges gardés il n’y a rien, il faut donc partir avec suffisamment de provisions car il n’y a pas moyen de s’y ravitailler. Nous profitons de passer à proximité d’Egilsstadir pour nous arrêter dans un supermarché faire le plein, meilleur marché que dans les épiceries. On m’avait dit que les magasins Bonus étaient bien moins cher, et effectivement c’est vrai, on se rapproche des tarifs danois.

Le problème c’est qu’avant de quitter le Danemark on avait rempli nos sacoches de nourriture, et que ces trois derniers jours on a bien senti le poids supplémentaire dans les montées. Là il nous faut 7 jours d’autonomie alimentaire sur des pistes difficiles en sachant qu’il faudra aussi porter de l’eau par moment. On décide donc que ça sera 7 jours de restriction avec le minimun. Et même comme ça on est super lourd. Pourtant en sortant du supermarché j’ai trouvé mon Lolo qui faisait le tri du superflu dans ses affaires. Entre une petite clé plate, quelques crayons, une cordelette, de la glue, un mini trépied photo… il se débarrasse d’au moins 500g. C’est toujours ça de moins !

On refait un dernier point météo, pas de coup de vent prévu les prochains jours, et même du soleil annoncé. C’est bon, on peut y aller.


Des arbres à gogo

Nous quittons Egilsstadir en suivant une route bitumée qui longe un lac tout en longueur, Lagarfljot. La légende dit qu’une créature serpent habite les profondeurs du lac, semblable à Nessie en Ecosse. Nous n’avons vu aucune des deux. Et surprise, nous traversons la plus grande zone forestière d’Islande. Il y a quelques maisons isolées par-ci par-là et la vue sur le lac est belle. On a le droit à nos premières gouttes de pluie islandaises, mais ça ne dure pas. On trouve un coin bien caché par les pins pour poser notre tente, et ça sent trop bon le résineux.


On monte sur les Hautes Terres

Ce matin ça va grimper on le sait. On finit de longer le lac avec un terrible vent de face et on attaque la rampe d’accès. Au moins le vent fait climatiseur. Une fois arrivés sur le plateau le vent de face est encore plus fort, il n’y a rien pour l’arrêter. Des pierres, des rivières, des petits étangs et très peu de végétation hormis autour des points d’eau. En toile de fond les montagnes, dont certains sommets sont enneigés. C’est beau, mais monotone, surtout que le vent nous ralentit beaucoup. On croise quand-même quelques moutons et des oiseaux. A vitesse de cyclistes on découvre même un nid plein d’oeufs d’oies au bord d’un étang. On est bien tentés par une omelette, mais ça ne serait pas sympa…

En Islande le camping sauvage est interdit, mais le bivouac est toléré quand on n’est pas motorisé et qu’il n’y a pas de camping à proximité. On galère, mais finalement on trouve un bout d’herbe parfait, abrité du vent et avec une rivière pas loin. Ici on peut boire l’eau des rivières, l’Islande a les eaux les plus pures du monde (on la filtrera tout de même car il y a des moutons dans le secteur). On profite de notre privilège de cyclistes et on s’émerveille des lumières du soir .

 


Un sacré barrage

Le lendemain le vent a tourné et il nous pousse sur un bitume impeccable. On admire le glacier Vatnajökull dont on aperçoit un bout au loin. Ce n’est qu’une toute petite partie de cette immense masse de glace, et pourtant il semble énorme. La surface est irrégulière, on dirait une mer.  On arrive au barrage de Kárahnjúkar, un gros complexe hydroélectrique grâce auquel la route est  bitumée jusque là. C’est un bon moyen de pouvoir s’avancer dans les Hautes Terres et profiter de la vue quand on n’a pas de 4*4. On admire aussi l’immense faille en contrebas du barrage. On s’y arrête manger et on rencontre plusieurs familles islandaises qui font de même et qui s’intéressent à notre voyage. On trouve aussi de quoi faire le plein d’eau car on ne sait pas si on pourra en trouver sur la piste.


MALBIK ENDAR

Quand on voit ce panneau MALBIK ENDAR, cela veut dire terminé le bitume, place à la piste ! On dégonfle les pneus et on s’engage sur cette piste indiquée comme secondaire et  non entretenue. Non sans s’être assurés auprès des ouvriers du barrage qu’on n’aurait pas de mauvaise surprise. En Islande c’est comme au ski, les pistes ont des couleurs, verte, bleue, rouge et noir, en fonction de leur degrés de difficulté (gué, sable, dénivelé…). Mais le ressenti et les difficultés ne sont pas les mêmes en 4*4 et à vélo.

En tous cas cette piste non officielle nous plaît bien. Simplement deux traces dans une immensité de pierres et de sable, entouré de montagnes et avec vue sur le glacier.  C’est très caillouteux, quelques raidillons, mais ça reste roulant pour nos vélos. Il n’y a presque pas de végétation, juste quelques touffes de plantes de temps en temps. Je pense à notre voisin Bernard qui nous disait  » En Islande il n’y a que des cailloux », effectivement dans ce décor minéral et sans vie on se dit que l’humain n’a pas sa place.


On a eu l'impression de camper sur la lune

Ce tronçon de piste fait une bonne quarantaine de kilomètres et on s’y est engagés en tout début d’après-midi. On n’arrivera pas à bout aujourd’hui ! Reste à trouver où planter la tente… Priorité numéro un : s’abriter du vent. Mais c’est impossible, dans cette immensité, rien ne l’arrête. Alors on se pose en bord de piste, en faisant attention à marquer le moins possible le sol. Pour les véhicules le hors-piste est absolument interdit et puni de lourdes amendes, car les traces laissées par les roues dégradent les sols durablement (cf photo du panneau dans la galerie), mais les rangers nous disent que les traces de pieds s’effacent vite.

On se sent tout petit au milieu de ce large désert. On savoure la chance que l’on a de pouvoir camper là, dans un environnement aussi lunaire. Le lendemain matin au réveil le vent est tombé, on fait l’expérience du silence total. Personne, pas d’animaux, pas de végétation, pas un bruit. Je n’avais jamais entendu un tel silence.

Ça c’est le côté magique, ce qui est un peu moins drôle c’est ce sable poussiéreux qui est soulevé par le vent et qui s’infiltre partout. Sur la tente, dans la tente, dans la popote quand on cuisine… C’est horrible !!!

 


Bienvenue au parc national Vatnajökull

Après quelques kilomètres sableux où l’on doit pousser nos vélos, on quitte la piste secondaire. On y aura passé une vingtaine d’heures sans y croiser personne.

On rejoint la piste F910, et c’est une vraie piste bien délimitée, avec quelques 4*4 et fourgons à passer, mais peu, et ils font attention à nous,  ralentissent pour que l’on ne reçoive pas trop de poussière et nous saluent.

Nous arrivons rapidement à l’entrée du parc national de Vatnajökull, qui doit son nom au plus grand glacier d’Islande que l’on a vu la veille. Une ranger est là pour accueillir et renseigner les visiteurs et elle nous dit qu’elle nous attendait ! Des automobilistes lui ont dit que des cyclistes arrivaient et elle nous dit être admirative de ce que l’on fait. Elle s’inquiète de savoir si on a assez d’eau et de notre itinéraire. Des Français nous préviennent qu’il y a des sections très très sableuses. Ils sont en buggy et en galère de carburant car à cause du sable ils ont surconsommé.

Effectivement, après quelques kilomètres faciles, ça devient de plus en plus sableux, régulièrement on s’enfonce dans un trou de sable, on tombe et on doit pousser un peu le vélo. Et plus on avance dans la journée plus il fait chaud. Un ciel bleu et un soleil qui tape fort. Autour de nous il n’y a que du minéral et pas d’ombre, et dans ces conditions même si il y a un petit vent, la chaleur devient vite écrasante.

Heureusement les paysages sont incroyables. Même s’ils peuvent sembler toujours identique, du sable et des cailloux, c’est changeant et varié, et tellement différent de tout ce que l’on connait. On est déçus car les photos ne sont vraiment pas à la hauteur de ce que l’on a pu admirer. Pour le déjeuner coup de bol incroyable, on trouve un gros morceau de lave qui donne une bande de 50 cm d’ombre. On s’y réfugie pour pique-niquer et ça fait du bien. En plus un 4*4 s’arrête, et un jeune couple nous propose de l’eau. La ranger leur a demandé de nous ravitailler. On récupère 4 litres d’eau supplémentaires qui ne seront pas de trop.


Quand on arrive pas à pédaler, on pousse !

Plus on avance, plus c’est sableux, et moins on passe de temps sur les vélos. Il faut pousser, pousser, pousser ! C’est vraiment dur, et le soleil nous écrase. Heureusement que les gens que l’on croise nous encouragent !

Vers 17h on est encore bien loin du refuge de Dreki où l’on pensait pouvoir camper. Lolo est un peu plus loin devant et moi, je pousse mon vélo dans le sable quand surgit la ranger dans son pickup. Elle veut à tout prix nous embarquer et nous déposer au refuge. Elle me dit qu’il reste encore beaucoup de sable, que ça va être difficile et elle m’explique, chose qu’elle ne nous avait pas dit le matin : quand il fait très chaud le sable devient plus meuble et on s’y enfonce beaucoup plus. Ça fait plusieurs jours qu’il fait beau et chaud, encore plus particulièrement aujourd’hui, bref pas les meilleures conditions !

Je n’ai pas très envie de monter, et encore moins envie d’abîmer mon vélo dans sa benne, mais elle insiste tellement que j’accepte qu’elle me conduise jusqu’à rejoindre Loïc. Au bout de 200 mètres on s’arrête avant de casser le vélo qui est très mal calé et j’obtiens l’autorisation de camper dans le parc naturel à 2 conditions. Être bien cachés pour que personne ne puisse nous voir, et effacer toutes nos traces de roues pour ne pas inciter d’autres personnes à camper.

Je retrouve mon Lolo qui m’attendait 1 kilomètre plus loin et on roule/pousse encore 3 heures avant de trouver enfin un coin caché.

Expérience encore irréelle de camper dans cet endroit lunaire, désert, stérile et minéral. Mais pas que du bonheur, toujours ce vent qui ce soir nous lève des petits tourbillons de sable de lave… Ça s’infiltre partout !

 


Dreki enfin

Levés à 5 heures du matin pour profiter du frais et ne pas arriver trop tard pour avoir le temps de monter voir le volcan d’Askja, notre objectif lune ! Avant d’aller sur la lune en 1969 c’est ici que les astronautes américains de la NASA sont venus s’entraîner.

Encore un peu de sable mais le plus dur est fait ! Autour de nous c’est toujours la même chose, mais sans cesse différent. Un peu de relief, une coulée de lave, des pierres volcaniques de tailles différentes. On cherche notre volcan mais on ne le voit pas. Celui que l’on voit est le volcan Herdoyvreid, la montagne reine, le préféré des Islandais, qui domine le plateau du haut de ces 1682 mètres.

On vient de quitter la F910 pour la F88, et on croise un couple de cyclistes, des Grenoblois. Ils ont l’air sportifs, sont légers au niveau des bagages et pourtant ils font demi-tour. Ils avaient prévu une traversée de 15 jours en autonomie, ce qui leur a demandé pas mal de préparation logistique, mais entre la difficulté des pistes sableuses au-delà d’Askja, rendues encore moins praticables par la météo, et un peu de casse sur les vélos, ils préfèrent changer leurs plans. J’avais espoir de pouvoir m’approcher un peu plus du glacier, par une piste dont Jean-Michel nous avait parlé, mais ça s’annonce compliqué. On reste discuter un moment avec eux et on prend note de leurs conseils pour la suite de notre parcours.

Avec tout cela il est 14h quand on arrive à Dreki, bien crevés. Quelques bâtiments au pied d’une montagne, avec un refuge qui propose des chambres en dortoir, des sanitaires, une salle pour s’abriter et le logement des rangers. On découvre le « camping », un grand parking de gravillon volcanique, en plein vent et en plein cagnard. 42 euros la nuit pour deux, supplément de 5€ pour la douche chaude. Bienvenue au bout du monde islandais !

Ok la vue est belle, mais on n’a aucune envie de s’éterniser là. On se motive, et on s’active. On monte la tente, on mange vite fait et on se dit que si on trouve quelqu’un pour nous prendre en stop jusqu’en haut du volcan, pour redescendre on pourra faire la rando conseillée par les Français Simon et Vanessa.

A 16h on est prêts à tendre le pouce, mais personne. Heureusement le premier camping-car qui passe au bout de 45mn nous embarque. Un couple d’Allemands bien sympas. La piste longe une énorme coulée de lave très impressionnante. Il faut dire que le champ de lave qui entoure le volcan est le plus grand du monde. C’est amusant de découvrir la conduite sur piste en camping-car. Ça secoue dans tous les sens et c’est lent, mais c’est vachement moins fatiguant qu’à vélo !


Une rando magnifique

Askja est une caldeira volcanique immense, toujours active et dont la dernière éruption remonte à 1961. Il faut marcher une petite demi-heure depuis le parking pour pouvoir admirer les deux lacs qu’elle contient. L’Öskjuvatn, le plus grand, 11 km2 d’une eau limpide et très profonde, et Viti, un petit lac d’eau soufreuse à l’odeur d’oeuf pourri mais à la magnifique couleur bleue laiteuse. L’eau y est à au moins 25° toute l’année et on peut s’y baigner, mais entre l’odeur et les pentes vraiment très raides pour y descendre on n’a pas été tentés.

On se lance donc dans la « descente » vers le refuge. 3 grosses heures de marche au programme. Mais surprise, avant de descendre, il faut monter : eh oui, nous apprenons la signification d’une caldeira ! Les pentes sont bien raides, limite vertigineuses pour moi, mais ça vaut le coup, la vue est magnifique.

Puis commence la descente, on est en toute fin d’après-midi, le soleil a bien descendu et les couleurs sont douces et chaudes. La descente se fait par palliers et on a vraiment l’impression d’être dans un musée des minéraux à ciel ouvert. Changement de décor à chaque pallier. Avec en arrière plan cette étendue désertique. Une randonnée mémorable !


Un oasis

Le lendemain on se lève aussi tôt que la veille, et on apprécie de rouler les premières heures dans une brume fraîche donnant un côté encore plus irréel au paysage.  Un vrai décor de science-fiction, mais toujours ce sable qui nous complique la tâche. Le soleil recommence à taper et les kilomètres défilent lentement. Les rangers nous ont dit que le prochain refuge à une trentaine de kilomètres est un oasis dans le champ de lave, tout vert. J’en rêve, je m’imagine déjà à l’ombre d’un arbre…

Il est 14h quand on débarque à l’oasis, et même si il n’y a pas un arbre c’est trop chouette. Des petits étangs, des rivières, de l’herbe, de la mousse, plein de fleurs et plein d’oiseaux et de canard ! Le soleil tape toujours mais ça devient tout à fait supportable. C’est seulement notre cinquième jour sur ces terres désertiques et ça nous fait trop de bien de retrouver la vie et la végétation.

Le camping sauvage est interdit le long des 30 prochains kilomètres de pistes, mais de toute façon on est très contents de se poser là. Même tarif que la veille, même douche froide, et on en profite pour laver nos vêtements couverts de poussière.

On intéresse les Islandais qui sont nombreux à venir en vacances par ici. Nos voisins de tente ont passé la journée à gravir Herdoyvreid, la montagne reine, qui est juste derrière le camping. Ils sont très intéressés par nos vélos couchés, mais n’osent pas les essayer.

Il y a des petits sentiers de balade à travers l’oasis. Bien moins spectaculaires que la veille, mais tellement agréables et faciles ! Cet oasis a un seul défaut, il y a des moucherons. Heureusement on est équipés, Tonio et Val nous ont offert leurs moustiquaires de tête achetées en Islande quelques années plus tôt. Mais franchement, à côté des midges écossais se sont des enfants de cœur… Ils ne piquent pas !

 


Les passages à gué

Lors de la préparation du voyage, lorsque Loïc m’avait expliqué que nous aurions des gués à traverser, et que parfois ils devenaient infranchissables l’après-midi car avec la fonte des glaces le débit des rivières augmentait, ça ne m’avait pas vraiment emballé… voilà nous y sommes, aujourd’hui nous en avons 3 à passer, et comme il fait très chaud depuis plusieurs jours il doit y avoir du débit !

On est équipés, on a des chaussons néoprène pour pouvoir faire des allers-retours dans l’eau glacée sans être pieds nus et Jean-Michel de Løkken nous a bien briefé : toujours faire une reconnaissance sans vélo pour choisir le meilleur passage et vérifier la force du courant !

Le premier gué est riquiqui, même pas besoin de décharger les vélos, en choisissant bien le chemin ce n’est pas profond.

Le deuxième sera le plus difficile. De l’eau jusqu’à mi-cuisse et un fort courant. Il nous faut décharger les vélos, et les porter puis transporter toutes les sacoches. 4 allers-retours pour Lolo, 3 pour moi, c’est vivifiant.

Le dernier à beaucoup moins de courant mais comme il est aussi profond que l’autre il faut encore tout décharger !

On est contents de nous, on a passé avec succès notre baptême des gués islandais !


Des sacrés engins

En embarquant sur le ferry on se sentait tout petit à côté des fourgons et autres 4*4. Sur les pistes on croise des véhicules impressionnants. Des camping-cars boîte de conserve sur des roues gigantesques, dont certains ressemblent plus à des engins de guerre qu’à des engins de vacances (Lolo dit aussi des camions poubelle aménagés). Il y a aussi les énormes 4*4 avec des systèmes de dégonflage regonflage de roues. Et le vieux bus 4*4 d’excursion au volcan qui fait un aller-retour par jour. Mais ceux que j’aime le moins c’est les mini-bus 4*4 flambant neuf, vitres teintées, climatisés, qui roulent à toute vitesse sur les pistes…


Des cailloux encore des cailloux

Après le passage des gués l’après-midi devient long. On est sur un faux plat descendant mais entre le sable et la tôle ondulée on ne le ressent pas. Les paysages sont plus monotones. On est crevés, on aimerait se poser mais pas moyen de trouver un endroit pour planter la tente. Il n’y a que des terrains sableux en bord de piste. Loïc avait repéré un camping de « secours » à quelques kilomètres de la sortie de la piste où l’on se résout à aller. Pour 20 euros on a le droit à un robinet d’eau froide et un WC, et une énorme pelouse mousseuse bien souple. Un miracle après tout ce sable. On hallucine vraiment des prix et des prestations des camping en Islande !


Where is the shop?

Ça fait 7 jours que l’on a fait nos dernières courses, on a pris le minimum pour ne pas être trop lourd et clairement on a visé trop juste. Depuis que l’on est partis on se restreint et ça commence à nous peser sur le moral. On espère atteindre Ásbyrgi avant la fermeture de la shop ! Si on arrive trop tard ça sera double pénitence car elle est fermée le dimanche !

On s’engage sur une piste d’une soixantaine de kilomètres de tôle ondulée… La tôle ondulée est hyper brutale, on souffre pour nos vélos et j’ai l’impression d’être un bébé secoué. En plus il y a pas mal de passage de voitures qui nous balancent plein de poussière… Même si le paysage commence à retrouver un peu de végétation ce n’est pas très agréable.

Heureusement Lolo m’a prévu un pique-nique visite touristique ! Nous nous arrêtons admirer la cascade la plus puissante d’Islande, Dettifoss. On mange notre semoule en la voyant de loin, et après manger on va ressentir la force de l’eau en allant tout au bord. C’est impressionnant !

On termine la journée par un après-midi sous la pluie à se faire secouer sur de la tôle ondulée. On en a plein les pattes, mais au moins la boutique est ouverte. Avec les prix islandais, pas de festin, mais on trouve de quoi se rassasier et on s’offre même un petit camembert.

Ce soir encore ça sera camping : le camping sauvage est interdit ici. A Ásbyrgi le camping est immense et gavé de monde. Tout ce que Lolo adore ! Et encore plus sous la pluie.


Après l'effort le réconfort

Le lendemain le soleil est de retour. On profite d’être à Ásbyrgi pour aller découvrir son canyon. C’est une sorte de gorge en forme de fer a cheval dans laquelle s’est développée une petite forêt de bouleaux. Il y a plein d’oiseaux, c’est calme et les falaises de roche volcaniques sont très impressionnantes. C’est un lieu plein de légendes et qui semble apprécié des Islandais, très nombreux au camping.

Après cette jolie balade et avant de se remettre en route, on craque et on refait le plein de gras dans la boutique/ station services, qui sert également à manger. On espérait goûter l’agneau local mais ça sera burger frites ! Ça coûte cher mais ça nous fait trop de bien ! C’est reparti !