Encore du plat !
On passe la frontière sans s’en rendre compte sur un petit chemin gravillonneux et surtout sous des trombes d’eau. Mais les allemands savent accueillir leurs touristes : un abri nous attendait quelques kilomètres plus loin. On s’y installe pour quelques heures le temps que la pluie s’arrête. On verra plein d’abris comme cela le long des petites routes, ils servent d’abri bus pour les écoliers mais certains doivent aussi servir de point de rencontre entre voisins car ils ont souvent des bancs et des tables.
Les paysages restent plats mais rien à voir avec les Pays-Bas. Fini cette impression d’être dans un décor géométrique où tout est en lignes parallèles, perpendiculaires et angles droits. Il y a plus d’arbres et même les canaux ont des lignes plus douces. Les cyclistes sont assez nombreux et ont leur place sur les routes ! Ce n’est pas aussi bien qu’au Pays-Bas car il n’y a souvent qu’une piste cyclable d’un seul côté de la route, ce qui oblige à la traverser régulièrement et parfois à des endroits avec beaucoup de circulation et les voies cyclables sont à partager avec les piétons. Mais c’est quand-même très bien fait. Des pistes cyclables le long des axes principaux, des automobilistes respectueux des vélos sur les petites routes et plein de pistes et de chemins où l’on est tranquilles.
Dur dur de bivouaquer
Le camping sauvage est interdit en Allemagne, et on a l’impression qu’ici la règle c’est la règle.
On essaie donc de bien se cacher mais ce n’est vraiment pas simple dans ces grands paysages plats. Et pour ne rien arranger on dirait que c’est la période des épandages de lisier… On finit toujours par trouver un petit coin caché par une forêt ou une entrée de champs. Mais c’est souvent pas terrible. On aura quand-même eu quelques belles surprises. Un soir on s’enfonce dans une forêt car Lolo avait repéré un étang sur la carte. Rien de formidable mais on trouve un petit coin d’herbe en lisière de forêt coincé entre un champ de maïs, et face à un grand champ dont on ne voit pas le bout. Il y avait un troupeau d’une trentaine de chevaux et poulains, qui nous ont fait un beau spectacle : ils ont tous déboulés au galop près de notre tente et pendant une demi-heure ont courru d’un bout à l’autre du champ. Ça vallait bien un spectacle de Bartabas pour nous !
Un autre soir après avoir passé un après-midi très désagréable entre une longue portion de route passante et la traversée d’Oldenburg (une ville de la taille de Brest), on retrouve enfin du calme le long de l’Hute, un canal que longe une voie vélo interdite aux autos. On apprécie et lorsque on découvre une cabane avec bancs et table on n’hésite pas longtemps et on s’y installe. On attend la nuit pour déballer nos matelas et nos duvets sur la table, et on apprécie de pouvoir observer oiseaux, biches et lièvres. Au réveil vue sur les champs depuis nos duvets, ça change de la tente!
Vous prendrez bien une petite cigarette !
Je suis très surprise par une chose : les distributeurs automatiques de cigarettes. On en trouve absolument partout en Allemagne. Le moindre petit village a son distributeur, sur les quais d’une petite gare de campagne, sur les bacs qui permettent de traverser les rivières et même à la sortie d’un terrain de sport ! Et ce qui m’a semblé encore plus étonnant c’est que l’on puisse payer en carte et en espèces ! Parfait pour les gamins qui veulent dépenser leur argent de poche !
Un réchaud aux petits oignons
Un des avantages d’avoir eu une panne de réchaud et d’avoir dû se contenter d’un petit réchaud au gaz pendant 3 semaines c’est que l’on est vraiment trop contents de retrouver notre Optimus ! Plus besoin de rationner notre consommation de gaz qui coûte chère ! On peut faire chauffer de l’eau pour une soupe et une tisane et se faire cuire des petits légumes à la poêle pour accompagner nos pâtes. Et plus besoin non plus de faire des constructions de sacoches pour tenter de protéger le réchaud du vent, l’optimus a son petit paravent en alu trop efficace !
Des Allemands généreux
C’est l’été et il fait chaud, très chaud, alors on boit. Le problème c’est qu’en Allemagne on ne trouve pas de toilettes publiques ni d’accès public à l’eau. Il nous faut donc aller sonner plusieurs fois par jours chez les gens. Globalement les allemands ne parlent pas mieux anglais que les français. Heureusement Lolo a quelques restes de ses années collège et lycée et arrive à baragouiner le minimum pour se faire comprendre. Et les gens sont sympas avec nous. Un monsieur nous offre une bouteille d’eau gazeuse, Amid qui est trop déçu que sa femme qui parle un peu français ne soit pas là partage avec nous un plat de bonnes fraises du jardin et une autre dame nous offre des courgettes de son potager !
On observe des animaux !
Durant ces 5 jours, on aura beaucoup roulé sur des petites routes et chemins et vu plein plein d’animaux. Des biches et cerfs, des lapins et des lièvres énormes, des oiseaux, des écureuils, des renards, des rapaces… Et puis plein de cigognes. Je suis toujours émerveillée de voir ces gros oiseaux. Les Allemands leur ont installé plein de nids, mais on en voit aussi sur les toits et dans les champs quand les agriculteurs font les foins!
Des canaux bien fréquentés
Comme aux Pays-Bas les canaux sont très présents. Nous avons traversé un endroit plein de petits canaux d’irrigation où l’on pouvait observer des oiseaux. Et puis pris quelques bacs. Le plus impressionnant était celui pour traverser la rivière Elbe a hauteur de Glückstatd. 25 minutes de traversée avec un très fort courant pour arriver sur l’autre rive en croisant la route d’un gros porte-contenaires qui se rendait au port d’Hambourg.
Nous avons aussi suivi sur quelques dizaines de kilomètres le Nord Ostsee Canal sur le chemin de halage. On se sent tout petit lorsqu’on croise la route d’un porte container à quelques dizaines de mètres… Il était énorme ! L’équipage doit apprécier le calme du canal après des navigations dans les mers agitées.
On admire aussi les belles maisons allemandes souvent très très grandes, et dont beaucoup ont des toits de chaume. Parfois elles ont un petit air de contes d’Ansem et Gretel. Sans oublier un élément essentiel du paysage, les éoliennes ! Il y en a partout!
Pour notre dernier jour en Allemagne, on galère vraiment à trouver un coin où camper. C’est très urbanisé et on se décide finalement à aller dormir au Danemark où on sait que l’on va trouver une zone de bivouac autorisée à 2 kilomètres de la frontière ! On roulera donc jusqu’ à 22h et on se posera après avoir pédalé 110km !