du 21/08/2025 au 04/09/2025

En voiture Simone

Le 29 septembre 2025 par Lolo

Plutôt que de rentrer directement au Danemark depuis l'Islande, profitons d'une escale de deux semaines aux îles Féroé. Voiture, marche, vélo, petsitting.

Norröna, la croisière s'amuse

Port de Seydisfjordur, de bon matin. Le Norröna est à quai, nous attendons notre tour pour embarquer. Tout est bien organisé, les passagers descendant aux Féroé entrent en dernier, puisqu’ils seront les premiers à quitter le navire. J’attache nos 2 montures dans la cale du ferry, puis nous montons sur le pont extérieur profiter une dernière fois de ces magnifiques paysages islandais. Rapidement les côtes du fjord défilent, et nous voilà en pleine mer. L’Islande devient un petit cailloux au loin dans notre sillage, ne restent déjà plus que les souvenirs dans nos têtes. Mais les Féroé sont la promesse d’autres paysages à couper le souffle !

A bord c’est la croisière s’amuse : ayant passé 3 nuits au camping de Seydisfjordur, nous avons fait connaissance avec beaucoup de Français… que nous retrouvons évidemment sur le ferry. Une partie de la traversée est donc passée à discuter… surtout pour Coco. On craque pour les pizzas du bord à midi, et les frites le soir, rien de tel pour se refaire du gras de cycliste !

Arrivée prévue à 2h30 (3h30 heure locale), on va donc piquer un somme de quelques heures avant. Pas de cabine réservée pour cette courte traversée, nous optons plutôt pour les dortoirs clapiers, économiques. Mais je remonte vite squatter une banquette dans les salons, où personne ne ronfle !

À l’heure prévue nous débarquons aux îles Féroé, et déroulons nos matelas sur les bancs du terminal pour finir la nuit, accompagnés par Anthony, cycliste australien (et non pas autrichien comme je l’avais d’abord compris, ooops…).


Retournement de situation

Mais au fait… notre programme aux Féroé prend un tournant inattendu, et qui n’est pas pour me déplaire : Coco et Lolo se transforment à nouveau en petsitters, presque à la dernière minute. Il y a environ 2 mois de ça j’avais repéré l’unique demande de petsitting des Féroé, qui tombait pile poil pendant notre séjour, mais pour une durée de 10 jours à Torshavn. Trop long, on aurait tourné en rond à pied ou à vélo, nous n’avions donc pas postulé. Mais surprise : en chemin pour Seydisfjordur, j’active mes données mobiles, et une notification m’indique que la même annonce est à nouveau en ligne, en urgence (commence dans 5 jours) ! Les patrons ont finalement dû annuler les petsitters initialement prévus, censés venir avec leur chien mâle, puisque la chienne à garder a ses chaleurs. Alors je propose nos services, mais en demandant s’il est possible d’utiliser leur voiture, pour augmenter notre rayon d’action. Bingo, c’est accepté ! Ça ne pouvait pas mieux tomber, on se disait justement que 2 semaines dans des conditions ventées et humides risquaient d’être rudes sans une période de repos au chaud.

 


Chez Laika

C’est donc avec plaisir que nous allons prendre soin de Laïka, cocker spanel américain de 4 ans. Rendez-vous chez elle vendredi soir, pour que ses patrons Hildur et Bogi nous la présentent, nous expliquent ses habitudes et l’organisation de la maison. Voilà encore un avantage du petsitting : faire connaissance avec des gens du coin. Puis nous partons établir notre bivouac à une poignée de kilomètres, sur une colline face à la mer, spot que nous avions repéré lors de notre pique-nique ce midi. La garde commence demain matin.

Pendant 10 jours nous allons profiter de la compagnie de l’adorable Laïka et du confort de cette grande maison moderne, au style scandinave (tel que je me l’imaginais en tout cas) : grands espaces, lumineux, sobre, simple. De bons petits plats et desserts préparés dans une cuisine bien équipée (d’ailleurs le coût des courses est encore plus élevé qu’en Islande, si si, c’est possible), des séances cinéma sur canapé avec Laïka, une vue incroyable sur la baie de Torshavn lorsque le brouillard daigne nous l’épargner, une machine à café du tonnerre, des papouilles à Laïka, bref tout ce qu’il faut pour se requinquer. On en profite aussi pour décider de la suite du voyage, et on dégote une bonne affaire pour un train de nuit direct de Kiel à Munich. Nous rallierons ensuite à vélo l’Italie, par le Tyrol : l’itinéraire cyclable Munich – Venise.


Coco et Lolo font de l'auto... et de la rando

Parés pour explorer l’archipel ! Ci-après la distribution des rôles.

  • Coco a étudié la carte, c’est elle qui établit le programme. Pas évident, il faut jongler avec l’épais brouillard, la pluie, les tunnels payants à éviter lorsque possible. D’ailleurs, il ne faut pas se faire avoir à rester à la maison lorsque la vue est bouchée : bien souvent, le temps peut être dégagé ailleurs !
  • Lolo fait le chauffeur sur les routes sinueuses. Je me rappelle encore Coco, à Landerneau avant le départ, me demandant « mais pourquoi tu prends ton permis de conduire ? ». Bah voilà la réponse !
  • Laïka nous guide sur les sentiers de randonnée. Eh oui, vous pensez bien que l’on ne va pas se contenter de faire de la voiture et « consommer » les points de vue recommandés.

Nous partons donc sur les sentiers de rando tous les jours ou presque, et Laïka s’éclate, à l’aventure ! Puisqu’elle ne répond pas au rappel, nous avons pour consigne de la promener à la longe. Elle risquerait sinon de ne pas revenir, mais aussi de déranger (ou pire) les moutons, race locale et robuste, d’ailleurs plus nombreux que les habitants. Et alors gare au réputé berger de Saksun, à qui nous avons brièvement eu affaire, il n’est ni commode ni aimable. Il est connu pour une controverse à propos de l’essor du tourisme aux îles Féroé depuis une dizaine d’années. Fin de la digression.

Les sentiers étant bien humides, Laïka termine les balades toute cracra, du bas des pattes jusqu’aux oreilles, c’est signe qu’elle profite bien ! D’ailleurs nous aussi on patauge, mais ce n’est pas gênant lorsque l’on sait que le soir on sera au chaud et au sec !

On ne se prive pas non plus de visiter les pittoresques petits villages, avec leurs maisons de bois à toit végétale, les abris vieillissant qui protégent les canots de pêche, la blanche église, les venelles…  Faire des détours pour une cascade ou une vue plongeante depuis les falaises abruptes…

Pour résumer : c’est partout magnifique ! Routes côtières et de montagne, lacs et fjords, crêtes et vallées.


Vous en reprendrez bien un bout... à vélo ?

Il est déjà temps de se remettre à pédaler, au revoir Laïka ! On est tristes de la quitter, Elle est très attachante. Ses patrons reviennent dans la soirée, nous la quittons vers 16h comme convenu, pour avoir le temps de quitter Torshavn. On tourne sur nous même à la manière de Wonder woman, et nous voilà transformés en Coco & Lolo à vélo ! Toute la journée il a fait un sale temps, pendant que nous étions à la maison, et maintenant c’est soleil ! Cap sur l’île de Suderoy, nous embarquons sur le ferry avec nos vélos qui ont des fourmilles dans les roues. C’est un ancien bateau de croisière grec, on voit qu’il a déjà bien vécu. 2h30 de traversée. On s’amuse à se repérer dans l’archipel avec notre carte papier toute rafistolée, qui nous a déjà bien servie pendant nos pérégrinations en voiture et à pied les jours précédents.

Arrivée vers 20h à Suderoy, on compte passer la nuit au camping, pour ne pas pédaler de nuit à la recherche d’un bivouac. Mais… il s’avère n’être qu’un simple terre-plein pour camping-car, pas d’herbe. Nous revenons donc au terminal de ferry, avec l’intention d’y manger puis d’y dérouler nos matelas. Sauf que… nous avons à peine le temps de terminer notre repas qu’un gardien vient fermer le local. Rien dans les environs pour planter la tente. Nous avons par contre repéré tout-à-l’heure un terrain de foot et les vestiaires qui vont avec, alors peut-être que… ? Ni une ni deux, on y retourne. Ça a l’air de pouvoir le faire. Quelques jeunes tapent dans le ballon, mais ne semblent pas gênés de nous voir nous installer dans les abris banc de touche. Moins intrusif que de squatter les beaux vestiaires pourtant restés ouverts. Cela dit, pluie et vent nous font changer d’avis, rentrons aux vestiaires ! Déménagement à 1 heure du mat donc,a ce qui nous vaut de voir une aurore boréale, rien que ça ! Pas frappant à l’oeil nu, on pourrait la prendre pour un drôle de nuage, mais au camping de Seydisfjordur Joséphine et Gurvan nous avaient donné quelques conseils pour les repérer, et effectivement la photo que nous prenons la met bien en évidence. La nuit de termine dans les locaux surchauffés, avec le bruit de la chaudière qui se met en route à intervalle régulier, et la lumière qui s’allume dès qu’on bouge d’un chouilla sur nos matelas… pas tellement reposant.


A vélo, merci les bons tuyaux !

Le lendemain, dans la montée d’un col, un gars me dépasse doucement, stoppe sa voiture, en descend. Look moitié rocker, moitié berger. Il me pose quelques questions, on discute, il est très enthousiaste et nous conseille quelques virages plus haut de s’écarter de la route pour atteindre à pied un point de vue sur les falaises. Encore un avantage du voyage à vélo… en voiture personne ne serait venu nous nous donner des tuyaux de visite ! Allez, tant qu’on est au chapitre des avantages du vélo sur la voiture : vue panoramique, plaisir décuplé une fois le col gravi, et encore plus pendant sa descente. Nul besoin de chercher un endroit où se garer pour prendre une photo, on s’arrête où l’on veut. Pas de flemme pour sortir de la voiture quand il pleut ou qu’il fait froid, dehors on y est déjà ! J’arrête là, ou tout le monde va se mettre au cyclo-voyage dès demain. Mais bien sûr, on ne crache pas sur la facilité que nous a procurée notre voiture, ça tombait à pic.

On continue la montée du col, dans le brouillard (à tel point que nos gilets jaunes sont de sortie), en se disant qu’on ne verra rien. Eh bien si ! Rendus au fameux point de vue, on se croirait dans un décor à la JRR Tolkien, la brume se dissipe par endroit, dévoilant éperons rocheux et pans de falaises, les plus belles du voyage. De nombreux fulmars surfent sur les courants ascendants, tel des Jonathan Livingstone.

On se remet en route. Le soleil brille tellement que nous faisons une pause glaces à la supérette de Sumba, ambiance vacances !

Chemin retour le lendemain, sur terre puis en mer. À Torshavn en fin d’après-midi, nous attendons patiemment le départ du ferry Norröna pour le Danemark… appareillage à 3h30 du matin.