du 29/09/2025 au 06/10/2025

Traversée de l’Allemagne avec un sacré coup de pouce

Le 27 octobre 2025 par Coco

Lorsque l'on quitte le Danemark on est déjà fin septembre, l'automne est là, l'hiver approche à grands pas et l'Allemagne est grande. On décide d'accélérer un peu le mouvement car on a hâte d'arriver en Italie.

Direction Kiel

Nous quittons les côtes danoises à bord d’un ferry et 3/4 d’heure plus tard nous voilà en Allemagne. Dans quelques années il y aura un pont qui est en cours de construction. Ça bosse dur et on traverse une zone de travaux.

On retrouve aussi le réseau de pistes cyclables allemand, des pistes partout mais d’un seul côté de la route et partagées avec les piétons. On vous avait dit que Copenhague était LA ville du vélo, mais dans les campagnes danoises, à part des promeneurs et des sportifs on voit peu de cyclistes « utilitaires ». En Allemagne dans cette partie bien plate beaucoup de gens utilisent le vélo pour leurs déplacements quotidiens.

Nous traversons cette région côtière sous un magnifique soleil. En début d’automne les retraités sont de sortie et profitent de ce beau temps pour se balader à pied ou à vélo. Puis on retourne un peu dans les terres où Lolo nous trouve des petits chemins tranquilles. Par contre dans ces immenses étendues plates et cultivées ce n’est pas simple de trouver où poser notre tente.

Lorsque nous arrivons à Kiel on ne reconnaît pas la ville. On y avait pourtant passé quelques jours en 2009, accueillis par Heiko (que l’on avait rencontré quelques mois plus tôt en Norvège) et sa femme Nadia. Ça nous aurait fait plaisir de les revoir, eux qui étaient venus nous rendre visite à Landerneau, mais impossible de les contacter, ils ont changé d’adresse mail.

On profite d’être arrivés en avance pour aller acheter quelques trucs à Décathlon, puis direction la gare de Kiel, car notre coup de pouce, c’est un train de nuit.


Les aventuriers du rail

Un train de nuit de Kiel à Munich pour 70 euros pour deux avec les vélos, ça semble une super bonne affaire. Sauf que les trains de nuit allemands n’ont rien à voir avec ceux de la SNCF…

Pour l’installation des vélos c’est nickel, il y a un emplacement spécial, pas besoin d’emballer les vélos et surtout ici pas de discrimination pour les vélos couchés.

Pour les humains c’est autre choses. Pas de couchettes, juste des sièges, à ce prix là on comprend. Par contre entre 18h45 et 6h30 le train fera 21 arrêts. À chaque arrêt le chef de bord fait son petit discours de bienvenue et la lumière reste allumée à fond. C’est un train de nuit où il est impossible de dormir !


München (Munich) version Oktoberfest

Nous descendons du train un peu déphasés après cette nuit blanche. München la capitale de la Bavière est une grosse ville 1.6 millions d’habitants bien grouillante et bruyante. On se trouve une boulangerie et on s’offre un petit déjeuner sur la Königsplatz, une grande place chic où se trouve une porte monumentale « les propylées », et deux musées dans de beaux bâtiments.

Puis on traverse une partie du centre-ville qui a l’air très beau, avec de jolis bâtiments. Nous devons aller dans un magasin de randonnée pour essayer de se faire remplacer notre poche à eau qui fuit suite à une thermo-soudure qui a lâché. Lolo était en contact par mail avec le service client Ortlieb qui lui a assuré que ça passerait en garantie, mais ils ne sont pas très réactifs et ne nous ont pas donné d’adresse de magasin. On en choisit donc un au pif, vendant ce produit, et forcément c’est pas simple, mais au bout de 2 heures on repart avec une poche à eau toute neuve.

Pendant ce temps moi je garde les vélos, ce qui me laisse le temps d’observer les va et vient… Et de voir plein de gens en tenue traditionnelle bavaroise. Du 15 septembre au 1er dimanche d’octobre c’est l’Oktoberfest à Munich, la célèbre fête de la bière. Près du centre, un immense terrain de 42 hectares prend des allures de fête foraine, où sont installées 14 tentes géantes. Chacune d’entre elles peut accueillir 10 000 personnes venues faire la fête : on y boit de la bière exclusivement en chope d’un litre, en mangeant des saucisses et en écoutant de la musique traditionnelle. Déjà décrit comme ça, ça ne nous donne pas spécialement envie, mais il paraît qu’en plus c’est devenu de plus en plus touristique et hors de prix. On n’essaie donc pas de trouver à se loger pour une escale à München et on trace vers les montagnes.


Bienvenue en Bavière

Encore une fois on quitte facilement la ville par les voies vertes, avec une pause café après manger pour garder les yeux ouverts. Une nuit blanche c’est plus de notre âge !

On suit un itinéraire vélo très sympa, la route des Bretzels. C’est beau, très vert, les montagnes au loin qui se rapprochent, le soleil, les vaches dans les champs, les belles maisons en bois souvent peintes et les clochers des églises qui ont un petit côté russe. On apprécie la balade. On apprécie aussi l’accueil chaleureux des Allemands. En trois jours en Allemagne il y a déjà plus de gens à être venus nous parler que lors de tout notre séjour danois ! Des personnes sympas qui font l’effort de nous parler en anglais.

On découvre aussi la magnifique abbaye d’Ettoler, aussi impressionnante de dehors que dedans. L’intérieur est tellement richement décoré qu’il me fait penser aux églises de Venise.


Arrêt à Oberammergau chez Pat&Véro

Pour la première fois depuis notre départ on va voir des gens que l’on connait. Cela fait des années que l’on n’a pas vu Pat&Véro, des amis landernéens qui ont quitté le Finistère pour s’installer dans cette petite ville où ils avaient pour habitude de passer leurs vacances. Le tracé de l’itinéraire cyclable que l’on va suivre de Munich à Venise pour franchir les Alpes passe à 100 km de chez eux. L’occasion idéale pour les revoir.

Nous sommes reçus chaleureusement. Ils nous laissent même leur chambre et leur confortable lit. Première soirée autour d’un bon plat maison, et le lendemain on part découvrir Oberammergau, petite ville coquette entourée de montagnes et perchée à 900 mètres d’altitude. On se balade sur les sentiers autour de la ville en profitant des beaux paysages, puis on profite de l’animation des rues en ce 3 octobre, jour férié ici, celui de l’unité allemande qui célèbre la réunification officielle de l’Allemagne. Musique traditionnelle, petits stands d’artisans et de restauration… Ambiance familiale et sympathique ! On déambule parmi les maisons peintes qui font la renommée du village et c’est vraiment très beau. On goûte aux fameuses saucisses blanches de Munich et on savoure une bonne bière fraîche en terrasse éblouis par le soleil… Quel agréable été indien !

Le soir Pat&Véro nous invitent à boire un verre dans un café resto traditionnel, puis à manger une bonne pizza italienne. Comme à Landerneau, ils connaissent tout le monde ici et sont chaleureusement accueillis par les patrons !


Des maisons énormes

Depuis que nous sommes dans les campagnes en Bavière, je me demande comment les gens peuvent avoir des maisons aussi grandes et surtout comment ils peuvent les chauffer l’hiver. Pat m’explique qu’ici il est très courant que plusieurs générations d’une même famille partagent la même maison. Parents, frères et soeurs avec leur propre famille par exemple. Chacun disposant de sa propre entrée.

Ces grandes maisons sont aussi parfois divisées en plusieurs appartements, comme celle où vivent Pat&Véro. Une ancienne maison avec un sacré cachet, plein de belles boiseries, de vitraux et de petits balcons. Il y a des pièces communes comme la buanderie et un hall avec des fauteuils, qui font que ça semble plus convivial qu’un immeuble classique.


Le jeu de la passion

Ce qui fait la renommée d’ Oberammergau c’est un spectacle nommé « Le jeu de la passion ». Une histoire très surprenante. En 1633, Oberammergau fait face a une terrible épidémie de peste qui fait 84 morts parmi les habitants. Les édiles de la ville font alors le serment d’effectuer tous les dix ans un « Jeu de la souffrance, la mort et la résurrection de Notre Seigneur Jésus-Christ », si le « Tout-Puissant » détourne le mal de la cité. La promesse est tenue, depuis 1634 le spectacle a lieu.

Tous les 10 ans pendant presque 6 mois, 2000 habitants du village s’investissent pour que le spectacle puisse avoir lieu tous les jours. Acteurs, musiciens , chanteurs et techniciens chamboulent leurs quotidiens pour être disponibles pour assurer plus de 100 représentations dans le théâtre spécialement construit pour cela. Lors de la dernière édition 5 millions de spectateurs y auront assisté. Pour les commerçants et notamment les restaurateurs du village c’est aussi le branle-bas de combat. Le spectacle étant très long, l’entracte entre les deux actes est la pause repas. Les presques 5 000 spectateurs investissement donc tous ensemble le village pour le temps du dîner. Prochain rendez-vous en 2030 !

 

 

Passage dans le Tyrol autrichien

On quitte nos amis en pensant devoir rouler sous la pluie, mais nous avons finalement une belle journée ensoleillée, parfaite pour apprécier les paysages. Le temps ne se couvre qu’en fin de journée une fois passée la frontière que l’on n’aura pas vue. On a juste le temps de se planquer dans un bois pour monter la tente avant qu’il ne se mette à pleuvoir. En Autriche aussi il est interdit de faire du camping sauvage, et il paraît qu’ils ne sont pas très tolérants sur le sujet, alors on se contentera de ce coin de forêt un peu sinistre.

Le lendemain matin les sommets autour de nous ont bien blanchis, et même si il ne pleut plus il fait froid et humide… Il était temps de s’attaquer au passage des Alpes.

Le Tyrol ressemble beaucoup à la Bavière, on y retrouve les maisons peintes avec des motifs religieux ou de scènes de vie quotidienne, et on ressent un grand attachement aux traditions. La religion semble y avoir gardé une place importante. Lors d’un pique-nique un dimanche midi dans un petit village on a aussi pu observer de nombreuses personnes de tous âges habillées en tenues traditionnelles.


Innsbruck

On traverse la ville d’Innsbruck où l’on hésite un moment à prendre une petite portion de train pour passer le col car Loïc a lu que les 40 prochains kilomètres de montée seraient très passants et pas agréables à vélo. Mais on a envie de franchir la barrière des Alpes à vélo alors on décide d’essayer quand-même.

Pour se donner des forces avant de commencer l’ascension du col on décide de s’offrir une spécialité locale, un strudel aux pommes dans une boulangerie du centre-ville. Mais en ce dimanche après-midi elle a été dévalisée, on se contentera d’une viennoiserie à la crème très bonne.

On en profite pour découvrir le centre, même si avec nos vélos ce n’est pas très pratique. La ville a l’air jolie et agréable avec de beaux bâtiments. On admire son fameux Petit Toit d’or, vraiment tout petit, mais c’est le symbole de la ville, avec ses tuiles recouvertes de feuilles d’or.


L'ascension du col du Brenner

C’est parti, ça monte… Effectivement ça circule, il fait gris et froid, et ils prévoient de la pluie neige pour cette nuit. Heureusement dans quelques kilomètres Loïc a repéré un petit chemin à l’écart de la route et des habitations où on espère pouvoir bivouaquer discrètement. Pas de bol, c’est pas possible. On se demande bien où l’on va pouvoir dormir. Mais juste à la sortie du chemin avant le village suivant il y a un terrain de foot avec un gradin VIP. La nuit va bientôt tomber, on se dit que l’on va dérouler nos matelas là, en espérant que personne ne vienne, pas sûre que ça leur plaise aux Autrichiens des squatteurs…

Au final on passe une bonne nuit, on n’aura pas eu froid sans la tente et pas de neige, juste de la pluie. On se remet en selle et on arrive à éviter la route passante en prenant des petits chemins tranquilles et supers jolis (en fait on suit la via romea), même si forcément ça monte plus. Il n’y aura que sur les 8 derniers kilomètres que l’on se retrouve parmi les voitures, et en plus sur une portion en travaux et donc en circulation alternée.

Un peu pénible, mais on aura bien fait de monter à vélo. On est contents de se dire que l’on a franchi les Alpes à la force de nos mollets !