Petites routes campagnardes
En quittant notre hôte Keith, nous faisons un petit crochet pour admirer les Clava Cairns, un site funéraire de l’âge du bronze datant de plus de 4 000 ans. L’endroit est calme et il n’y a presque personne.
Nous roulons ensuite pendant deux jours sur des petites routes tranquilles et champêtres. Vieux ponts, rivières, plein d’arbres partout : c’est moins impressionnant que les montagnes, mais joli quand même.
La route de la neige (Snow road)
Nous regagnons les montagnes et allons suivre une partie de la Snow road, un itinéraire qui emprunte les plus hautes routes publiques du Royaume-Uni. 3 cols à franchir dans la même journée et des paysages vraiment très beaux. Nous sommes dans le Cairngorns national park. En cette fin mai pas de neige, mais nous apercevons au loin quelques névés sur certains sommets. Et nous passons au pied de la petite station de ski « lecht ski center », (ouverte de moins en moins longtemps chaque année par manque de neige) qui nous permet de pique-niquer à l’abri de la pluie. C’en est fini du soleil en continu, nous goûtons aux joies des douches écossaises, même si pour le moment on se débrouille pas mal pour passer entre les gouttes.
Petite pause ravitaillement dans le touristique mais très mignon petit village de Braemar, où Lolo s’achète un énorme choux à la crème à l’épicerie pour prendre des forces : une piste nous attend !
Une piste dans les Cairngorms
Lolo est tout content, il nous a trouvé un itinéraire sur une petite piste qui serpente à travers les montagnes sur 30 kilomètres. On est tout seuls, des montagnes partout autour de nous, on suit une rivière et ça ne monte pas trop. Il y a juste un vent de folie avec de grosses rafales qui poussent les nuages. Entre les moments où c’est couvert et les éclaircies, le paysage change complètement.
Tout à coup au milieu de rien apparaît une cabane : c’est un bothy, le Ruighe Ealasaid. Mais rien à voir avec celui du pays de Galles. Il vient juste d’être rénové, il est lumineux, hyper propre. Avec ce vent qui souffle si fort on est tenté d’y rester, mais il y a déjà deux randonneurs et on ne sait pas combien de personnes peuvent encore arriver !
Le randonneur nous prévient que d’ici peu la piste s’arrête et que cela devient un chemin piéton. Et effectivement, il faut enlever nos souliers pour traverser une rivière, et la piste se transforme en un sentier rocailleux. On s’y engage en se disant que l’on est en plein entraînement pour l’Islande : piste pleine de grosses pierres, quelques rivières à traverser et vent de face très très fort. Alors par moment on pousse les vélos, mais c’est tellement beau que ça vaut le coup. Le vent se calme un peu et on ne regrette pas de ne pas s’être arrêté au bothy : on se trouve un coin parfait près de la rivière. Notre mini filtre à eau nous sert pour la première fois du voyage, et la nuit on entend des cerfs venir roder autour de la tente!
Le lendemain ça se corse !
Le lendemain matin, juste après s’être remis en route, on croise un groupe de VTTistes qui font la Cairngorms loop, une boucle de 300km sur des sentiers assez techniques en mode bikepaking. Ils nous disent que les prochains kilomètres sont très difficiles et qu’avec nos vélos ça ne passera pas. Comme c’est ce que craignent toujours les gens en voyant nos vélos couchés, on se dit qu’avec nos vélos chargés on va devoir encore pousser mais que ça va le faire, il n’y a pas beaucoup de dénivelé !
Finalement ce fut vraiment la galère ! 3 heures intenses pour avancer de… 3km.
Non seulement il y a eu des passages hyper raides où il a fallu décharger complètement les vélos pour pouvoir les porter, mais surtout le chemin est devenue un petit sentier très étroit en corniche au dessus de la rivière. A cause des pierres, pas possible de pédaler et compliqué pour pousser car il faut rester derrière le vélo. Heureusement que mon Lolo vient m’aider. A un moment le sentier est toujours étroit, mais sans pierre, alors je me dis que je vais pouvoir pédaler. Je remonte sur mon vélo et ne sais pas comment je me débrouille, je tombe dans la pente du ravin avec mon vélo et tous les deux on en dévale une bonne partie sous les yeux paniqués de Lolo qui avait fait demi-tour pour venir m’aider. Il se demande dans quel état il va me ramasser après une chute pareille. Heureusement pour moi j’avais ma petite Paula dans ma poche et je me relève sans une égratignure (juste quelques courbatures le lendemain). Et le plus fou c’est que mon vélo non plus n’a rien. Après ça j’ai interdiction de pousser mon vélo près des pentes et Lolo fait des allers-retours entre les deux vélos.
Plus de peur que de mal ! On finit par venir à bout de la section difficile et on récupère une piste. C’est toujours aussi beau et sauvage.
Finalement la piste débouche sur une route privée où l’on voit pas mal de 4×4 stationnés. On nous explique qu’une course est organisée pour le lendemain. A un jour près on y échappe !
La pluie fait son grand retour
En même temps que l’on retrouve le bitume, les gros nuages noirs qui nous menaçaient depuis un moment se lâchent et ça y est c’est le déluge !
Le lendemain matin, on se réveille au son des gouttes sur la tente. Toute la matinée le ciel est en mode brumisateur, et l’après-midi c’est encore le déluge pendant 2 bonnes heures.
On s’arrête trempés et dégoulinants sur un petit coin d’herbe en surplomb d’un lac et là comme par magie la pluie s’arrête, le soleil revient et on peut tout mettre à sécher et profiter de la soirée avec vue sur le lac Tay.
Le long des lacs
Lorsque nous sommes passés par Inverness nous avons hésité à faire un détour par le célèbre Loch Ness. C’est en fait un immense lac de presque 40 kilomètres de long et seulement 1,5 kilomètres de large, entouré de forêts. Mais Keith nous avait expliqué que puisqu’il est très connu, les routes autours du lacs sont passantes, et qu’il y a pleins d’autres lacs tous aussi beaux. On décide donc de ne pas y aller.
Notre route nous en fait découvrir plusieurs, et notamment le Loch Tay. 23 kilomètres pour 2,5 de large, on le longe sur une route très paisible et tranquille. Excellent choix !
Bientôt les vacances
Bientôt deux mois que l’on est sur les routes, toujours dehors et avec peu de journées de pause. On n’a plus 20 ans. On a même plus de 2 fois 20 ans ( mais pas encore 2 fois 25 ans ouf…). Bref on commence à fatiguer et on sait que le plus dur (l’Islande) nous attend.
Comme les logements sont très chers au Royaume-Uni, Lolo nous dégote un bon plan : le petsitting. On s’occupe d’animaux pendant l’absence de leurs maîtres, et en échange on est logés. Nous ferons donc une semaine de pause vélo du 5 au 12 juin. Ça approche et on commence à avoir très hâte de se poser dans une maison. Plus de pluie, plus de midges !!!
Gastronomie britannique
Jusqu’à présent on n’avait encore jamais mangé dans un « restaurant » anglais. Au vu des prix on se disait que tant qu’il faisait beau, on se contentait de sandwiches et que l’on se réservait la possibilité de se réfugier à l’intérieur en cas de pluie. Et bien ça y est, il pleut. Le jour des 35 ans de Nathalie, ma petite soeur, on profite donc d’une averse pour s’offrir un burger frites. Les frites ça allait, le burgers c’était un pain brioché avec un steak tout bizarre et un peu de cheddar râpé. Vraiment pas terrible pour 10 euros l’assiette. Et pourtant il y avait plein de monde à manger dans ce pub.
Autre midi, autre déluge. Lolo rêve d’un fish and chips depuis que l’on est arrivés. Moi frites + fritures je ne peux pas, alors je tente la « beans pie » frites : faut vraiment être brittanique pour avoir idée de mettre dans une pâte feuilletée un fond de sorte de chair à saussice recouvert de haricots blancs en sauce un peu sucré. C’était meilleur que le burger, mais vraiment vive la nourriture française !
Par contre au niveau gâteaux ils sont forts ces British. De la bombe calorique, ce blondie cake pistaches cranberries, une tuerie…mais il faut trouver les bons coffee shop.
Le Loch Lomond & The Trossachs National Park
Avant d’aller garder nos chiens à Comrie, il nous reste quelques jours pour aller découvrir le Loch Lomond & The Trossachs
National Park. Un parc national plein de lacs et de forêts où nous allons faire une boucle.
Le début est un peu décevant. On pédale sur des pistes forestières dans des forêts exploitées, avec de temps en temps une vue sur les lacs. Les pistes sont en stabilisé, et avec toute la pluie elles sont détrempées, on s’y enfonce même avec les pneus sous-gonflés.
Et pour couronner le tout on voit des panneaux bizarres « camping sauvage réglementé », « zone autorisée de camping seulement avec permis ». On croise un ranger qui nous explique qu’au sein de certaines zones du parc il est interdit de camper, sauf dans des périmètres autorisés en s’acquittant d’un permis à 5 euros. Bien sûr on est en plein dans la zone. Au pays du camping sauvage autorisé, on doit finalement payer pour planter sa tente en pleine nature et sans commodités ! Le jour suivant c’est beaucoup mieux, on longe le loch Katerine sur une petite route interdite aux voitures, et qui fait les montagnes russes en bordure de lac. On est dans une forêt naturelle, c’est vraiment très joli. Mais on en a marre de mettre et enlever notre équipement de pluie au gré des averses …
On repasse par Callander, la ville où l’on trouve les délicieux blondies cake, et cette fois on s’en prend un chacun !
Une dernière petite piste avant de quitter les Highlands
Entre Callander et Comrie, Lolo a repéré une petite piste sur une vingtaine de kilomètres. Même si le dénivelé est beaucoup plus important que sur la grosse route on se dit qu’au moins on sera tranquilles. Quelle bonne idée de passer par là ! Pour quitter les Highlands écossais nous roulons une dernière fois dans ses landes montagneuses que l’on a tant aimées, et on se trouve même un petit coin humide où poser notre tente : magnifique paysage que l’on peut admirer entre deux grains. Dans la tente tout est humide, nos matelas commencent à être piqués, mais c’est pas grave, demain soir on dort dans un lit au chaud et on aura 1 semaine pour tout faire sécher !