du 05/05/2025 au 14/05/2025

À la découverte des Hébrides extérieures

Le 18 mai 2025 par Coco

Nous partons à la découverte de cet archipel à l'extrême nord ouest de l'Écosse. Un ensemble d'îles dont certaines sont reliées par des ponts, et d'autres par des ferry. Nous allons suivre "l'Hebridean way", une route cyclable de 247km qui traverse l'archipel du sud au nord avec des paysages époustouflants...

Quelques jours de pédalage jusqu'à Oban

Une fois débarqués du ferry venant de l’île d’Arran, il nous faut pédaler jusqu’à Oban pour embarquer vers les Hébrides extérieures. Nous remontons une sorte de presque-île en suivant de petites routes tranquilles aux magnifiques panoramas. Paysages bien vallonnés où nous longeons des lacs, un canal navigable aux multiples écluses, une réserve naturelle aux airs de Langazel et des forêts, principalement de sapins.
L’exploitation du bois est un secteur important de l’économie écossaise et nous sommes en plein dedans. C’est parfois un peu triste quand on tombe sur une zone qui vient d’être exploitée. Tout y est ravagé.
Nous traversons aussi de tout petits villages qui semblent être perdus au milieu de nulle part mais où le restaurant/épicerie/bureau de poste est un lieu hyper vivant. Petite pause ravitaillement dans le joli port de Tarbert et une quinzaine de kilomètres avant Oban nous rencontrons nos premières vaches écossaises.
Un troupeau impressionnant avec leurs énormes cornes, elles sont sur notre petite route et ont des veaux, mais elles sont finalement très placides et pas farouches et prennent même la pause !

Nous ne seront pas allés faire des ricochets au pont de l’Atlantique sur l’île d’Easdale, ni saluer le Ben Navis, mais notre Cap c’est le Nord et à vélo nous ne pouvons pas aller tout voir !


Cap sur les Hébrides, une chouette traversée !

On embarque pour presque 5h de traversée et on n’est pas déçus ! Le bateau est au top avec de grandes baies vitrées qui nous permettent d’admirer le paysage tout en étant au chaud bien installés dans des canapés ! On navigue entre des îles et c’est magnifique. On verra même des dauphins et un phoque, mais pas la baleine tant espérée.
L’arrivée sur l’île de Barra est aussi très belle, le village de Castelbay nous donne l’impression d’être arrivés au bout du monde.
On passe notre premier pont pour descendre sur l’îlot de Vatersay où l’on trouve une table de pique-nique et un coin d’herbe où poser notre tente. Nous sommes de l’autre côté de la baie, avec vue sur le port et on savoure la bière que l’on s’est offerte pour fêter notre arrivée aux Hébrides, ça commence bien !


L'île de Barra et l'île d'Eriskay

Ici pas besoin de GPS pour s’y retrouver : il n’y a qu’une seule route. Du coup il y a plus de circulation que ce a quoi on s’était habitués, mais les paysages sont vraiment beaux.
On suit les conseils de Thierry et on va faire un tour à l’aéroport de Barra. Ici la piste n’est ouverte qu’à marrée basse puisque c’est… la plage ! On y est pile poil à la bonne heure et on est aux premières loges pour assister à deux atterrissages/décollages de petits avions, des twin otter DHC6 nous dit notre spécialiste.
Et il est déjà temps de prendre un ferry pour la minuscule île d’Eriskay. A l’embarcadère il y a une petite boutique qui vend des pâtisseries et Lolo a lu qu’elles étaient délicieuses… on s’en offre une pour fêter les 9 ans de ma filleule Sarah et effectivement c’était trop bon !
Bivouac face à la mer où nos drapeaux bretons nous permettent de rencontrer un gars de Penmarch qui voyage à vélo avec une grosse carriole où il trimbale un surf-paddle ! C’est tellement lourd qu’il a un vélo électrique, mais entre deux coups de pédale il prend des vagues !


South Uist, Benecula et North Uist

On découvre donc South Uist. On a le vent dans le dos, c’est plutôt plat, à gauche la mer, à droite des montagnes couvertes le landes et sur la plaine plein de maisons dispersées.
C’est super joli et on s’y perd un peu. Qu’est-ce qui est lac, qu’est-ce qui est mer? Il y a de l’eau partout ! On passe d’une île à l’autre par des ponts.
Il y a des oiseaux partout et notamment des huitriers pies que l’on aime bien. On a l’habitude de les voir sur les plages, mais ici ils sont aussi sur les dunes et dans les champs, et sur un fond vert ils sont encore plus beaux à admirer !
L’itinéraire vélo fait des détours pour quitter la route principale, mais plus on avance plus il y a des voitures et peu d’échapatoires, car les routes qui bifurquent sont des culs-de-sac.
On gagne une zone plus dense et on est trop déçus par cette circulation. Heureusement on trouve un détour à faire sur une pointe pour se poser tranquilles pour la nuit. On en profite pour tester la résistance de notre tente au vent. Ça souffle fort aux Hebrides, et ça me rappelle le vent de Patagonie… Le vent qui rend fou que je l’appelais, eh bien c’est le même ici. Il a même réussi à faire tomber mon vélo chargé !


Harris et Lewis

Encore un petit coup de ferry et nous voilà sur la plus grande et la plus peuplée des Hébrides(20000 habitants).
Dans le sud d’Harris on trouve une alternative à l’itinéraire. Bivouac magnifique face à la mer, puis matinée dans des paysages rocailleux et désertiques, sous un ciel menaçant mais sans une goutte de pluie.
C’est vraiment incroyable la diversité de paysages de cet archipel.
Mais on est obligés de reprendre LA route qui devient une vraie route à deux voies hyper passante. On est dégoûtés, ça monte super dur, y a du vent, le ciel est couvert, il fait froid, les paysages sont monotones et ça circule ça circule…
Heureusement en zoomant sur son GPS Lolo remarque une « cabane » notée près d’une aire de jeux pour enfants au milieu de nulle part. On va voir et là miracle, un préfabriqué avec WC et table de pique-nique à l’intérieur. On est a l’abri du vent pour la soirée et même pas besoin de monter la tente!


Butt of Lewis, le jour de trop...

Butt of Lewis, c’est le point le plus au nord des Hébrides, le bout de l’Hebridean Way. Malgré le vent de face on s’obstine à y aller. Toujours cette fichue circulation et les gens roulent très vite, la route fait des montagnes russes et ce vent qui souffle souffle en plein dans le nez et nous oblige à pédaler deux fois plus. Côté paysages, la mer est loin, c’est monotone, des landes plates et des tourbières exploitées. Le midi la shop du coin propose des trucs chauds et on craque pour des frites et des tartes salées écossaises que l’on peut manger à l’intérieur dans un petit salon au chaud. Je me cale dans un canapé jaune avec mes frites… Le paradis ! Coup de bol, des cyclistes anglais avec qui l’on se dépasse à tour de rôle depuis notre arrivée sur l’archipel arrivent et restent discuter avec nous… On y reste deux heures, et requinqués on fini par atteindre le fameux phare. La côte est vraiment belle, on se croirait dans le Finistère ! A Butt of Lewis on dirait Ouessant.
On pensait bivouaquer là-bas mais Lolo voit que le vent tourne le lendemain, alors après avoir grignoté quelques custers cream on repart en sens inverse. Et là c’est magique, j’ai l’impression que les biscuits m’ont dopé tellement on file comme l’éclair, poussés par le vent !
Ça faisait longtemps que l’on n’avait pas eu à demander l’autorisation de mettre la tente dans un champ, mais là dans les tourbières pas moyen de trouver un coin. Une sympathique écossaise nous installe dans son champ à l’abri (relatif) d’une haie, et ses gentils voisins viennent discuter et nous répéter que si on a besoin faut aller sonner chez eux !
Encore une matinée sur une départementale à se faire doubler par des SUV énervés, des camping caristes pressés, des fourgons et des vans et nous voilà à Stornoway, parés à embarquer sur le ferry pour découvrir les Highlands !


Avis mitigé sur cet Hebridean way

Eh oui, pour la première fois depuis que nous sommes partis nous voilà déçus. On attendait pourtant avec impatience de découvrir les Hébrides extérieures.
Alors c’était vraiment très très beau, avec des paysages variés, on a eu des sites de bivouacs magnifiques et on a rencontré des gens sympathiques.
Mais à notre avis ce n’est pas adapté aux cyclistes sur la partie Nord. Il y a beaucoup trop de circulation et pas d’alternatives pour l’éviter.
PS: Je n’ai pas beaucoup parlé des très belles plages de sable blanc, pour des Finistèriens comme nous c’est habituel, mais c’est vrai que les plages sont très belles, encore plus sous le soleil.
Car nous sommes vraiment trop chanceux ! Il ne pleut pas. Du jamais vu depuis plus de 62 ans à ce que l’on nous a dit !
On ne voit pas de baleines, mais on a du beau temps !
PS 2 : nous avons pu voir un site de ruines mégalithiques à Calanais Standing Stones, il est en photo dans la galerie.