L’école Juana de Padilla à Uyuni en Bolivie

Le 21 décembre 2017 par Coco

Rencontre avec Nelly et ses élèves de l'école Juana de Padilla.

Uyuni se situe au sud ouest de la Bolivie, sur l’Altiplano à 3670 mètres d’altitude. Toute l’année il y fait très froid la nuit, c’est pourquoi les habitants de la région ne peuvent pas cultiver la terre. Par contre ils élèvent des moutons et des lamas.
C’est une ville un peu plus petite que Landerneau (10 000 habitants), mais c’est la seule ville de la région, isolée au milieu de l’Altiplano désert, et bordée par le célèbre salar d ‘Uyuni, le plus grand désert de sel du monde.


Pendant que Lolo préparait l’itinéraire pour la suite du voyage je me suis rendue dans une école du centre ville. J’y ai rencontré Nelly une maîtresse qui m’a invitée à venir dans sa classe le lendemain matin.
Me voilà donc dans la classe des « tercero » de l’école Juana de Padilla.
Cette école ne reflète pas ce que nous avons pu voir dans les campagnes Boliviennes ( où les écoles étaient souvent délabrées et ne semblaient pas avoir beaucoup de moyens ni de matériel), les élèves semblaient venir de familles assez aisées.
Cette école a une partie « maternelle » où les enfants viennent durant deux années seulement, lorsqu’ils ont 4 ans.
Ensuite ils passent en primaire de leurs 6 ans à leurs 12 ans.
A l’école Juana de Padilla, les cours commencent à 8h30 et se terminent à 13h10. Pas de cantine ici : une fois la classe terminée chacun rentre chez soit pour déjeuner. Mais ne vous inquiétez pas pour eux : ils ont quand même le droit à une récrée !


Dans la classe de Nelly il y a 35 élèves qui ont entre 8 et 9 ans.
Nelly leur enseigne les matières principales (mathématiques, Espagnol, sciences, histoire…) c’est donc avec elle qu’ils passent la plus grande partie de leur temps. Mais ils ont aussi 4 autres enseignants : un pour les cours de religion, un pour le sport (gym, athlétisme, foot, basket et volley) un de technologie et un pour la musique. Et oui en Bolivie tous les élèves apprennent à chanter et à jouer d’un instrument de musique ! Je leur ai demandé si ils pouvaient vous interpréter une petite chanson, et les voilà entrain de chanter leur hymne national.


La danse a aussi une grande importance dans ce pays. Au même titre que les mathématiques, les élèves apprennent des chorégraphies et dans la cours tout le monde danse!
Mais attention c’est du sérieux, la directrice de l’école est présente et elle a l’œil !


Cette matinée là nous avons beaucoup discuté avec les enfants. Ils ont adoré le diaporama sur l’école Marie Curie et ils avaient beaucoup de questions à me poser sur votre quotidien à l’école.
Comme j’ai 35, cela fait bien longtemps que j’ai quitté l’école primaire, mais ça a été, j’ai assuré et j’ai pu répondre à tout!
Ils étaient aussi très curieux de connaître les prénoms des enfants français.
Ensuite je leur ai parlé de notre voyage à vélo, en leur montrant des photos.
Et puis bien sûr ils ont voulu monter sur les vélos. Une seule élève était assez grande pour toucher les pédales !
Il faut dire qu’en Bolivie les gens sont beaucoup plus petits que chez nous. Avec mon mètre 60, je fais partie des grands ici, et Lolo est presque un géant !


Je leur ai aussi posé quelques questions.
Je leur ai demandé à quoi ils jouaient pendant la récrée.
Cache cache, foot, corde à sauter…et toupie. Ils adorent les toupies! Il y a les toupies traditionnelles qu’il faut faire tourner le plus longtemps possible, et les nouvelles toupies que l’on fait tourner entre le pouce et l’index.
Lorsque je leur ai demandé quel métier ils aimeraient faire plus tard. Ce sont surtout les garçons qui m’ont répondu, et comme vous en France, ils rêvent d’être médecin, footballeur, maître d’école… Ou chauffeur de bus!
Je leur ai demandé si ils avaient des devoirs à faire à la maison, et bien oui !


Enfin petite chose amusante, ici les saisons sont inversées l’hiver c’est l’été et l’été l’hiver. Du coup les grandes vacances sont en décembre et janvier, et en juillet c’est les vacances d’hiver pour 15 jours seulement !

Vous avez sûrement déjà entendu parler des Quechuas, ce peuple vivant dans certaines régions du Pérou, de l’Equateur et de la Colombie. Ils ne sont pas les seuls à conserver encore aujourd’hui leur culture bien singulière et leur langue. Du sud du Pérou jusqu’au nord de l’Argentine en passant par la Bolivie, on rencontre aussi beaucoup d’Aymaras, un peuple moins connu. Alors qu’ils soient Quechuas ou Aymaras, cela n’est pas leur nationalité, ils sont boliviens, argentins, péruviens, équatoriens ou colombiens, au même titre que n’importe quel habitant de ces pays, mais ils ont en plus hérités de leurs ancêtres, toute une culture avec des traditions encore bien vivantes et une langue. Un peu comme nous en Bretagne !
Tout comme en Bretagne ces traditions et la pratique de la langue se sont perdus par endroits et sont encore très forts à d’autre endroits, surtout dans les campagnes isolées. Ainsi au Pérou par exemple nous avons traversé de nombreux villages où entre eux les gens ne parlaient que le Quechua. A l’école l’enseignement se fait en espagnol et tous les enfants et les adultes maîtrisent parfaitement cette langue, mais lorsqu’ils étaient enfants ceux qui sont maintenant des personnes âgées n’avaient pas tous cette chance. On a donc rencontré beaucoup de grands pères et grands mères avec qui nous ne pouvions pas communiquer car il parlaient seulement Quechua.
Du coup dans certaines écoles de les élèves étudient ces langues. Voici une leçon d’Aymara tirée du cahier d’Andréa.


Bien fatigués par notre traversée du salar de Coipasa, nous nous sommes arrêtés nous reposer dans le petit village de Llica pour reprendre des forces avant d’attaquer la traversée du salar d’Uyuni. J’y ai fait la connaissance d’Andréa, la fille du propriétaire de notre hôtel. C’est une petite fille très énergique qui adore chanter et danser et qui m’a montré ses talents. Elle m’a permis de la filmer pendant qu’elle récitait une fable apprise à l’école, qui parle d’écologie, et qui explique aux enfants qu’il faut respecter et protéger la « Pachamama », « la mère terre » que l’on traduirait chez nous par « notre planète ». Ce problème des déchets dont nous vous avions parlé au Pérou est le même ici en Bolivie, et les professeurs boliviens essaient eux aussi de sensibiliser leurs élèves à la protection de l’environnement.
Dans la première partie de la vidéo Andréa récite sa fable en Ayamara, et dans la seconde en Castillan, c’est à dire en Espagnol. Vous pourrez constater que ces deux langues sont très différentes. J’aurais aimé vous faire défiler la traduction au fur et à mesure de la vidéo, mais mon Lolo est trop occupé à entretenir les vélos, alors je vais faire simple et vous écrire la traduction.
« Nous vivons sur cette terre,
Depuis des temps lointains.
La « Pachamama » nous accueille
Nous tous ses enfants
Peu importe leur age et leur origine
Mais nous ne savons pas l’écouter.
Nous la salissons,
Partout nous la polluons,
Nous ne nous rendons pas compte
Que nous lui faisons mal à la tête, au cœur.
Tous les animaux vivent sur la terre,
Toutes les plantes poussent et grandissent sur la terre.
Mais nous ne savons pas prendre soin d’elle.
Nous la salissons
Partout nous la polluons,
Nous ne nous rendons pas compte
Que nous lui faisons mal à la tête, au cœur.
Frères et sœurs de tous les continents,
Unissons nous !
Ne polluons pas l’environnement.
Demandons au soleil, à la lune et aux étoiles de nous éclairer
De guider notre cœur à nous tous
Pour prendre soin de la « Pachamama »